Rencontre avec Phileas Fogg

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Je vais revenir rapidement sur deux lectures achevées ces derniers jours. La première est Echo, un roman historique middle grade. En plongeant le nez dedans, je ne m’attendais pas à y trouver un récit aussi difficile émotionnellement. Le texte se divise en 3 parties. Dans chacune d’elles, nous embarquons dans la vie d’un des personnages. 1933. Friedrich assiste à la montée du nazisme dans son pays. A cause d’une vilaine tâche de naissance sur la joue, il risque une opération de stérilisation afin de ne pas répandre ses « tares » à sa future progéniture. 1935, USA. Mike et son petit frère sont deux orphelins en quête d’une famille prête à les aimer.
1943, USA. la famille d’Ivy, d’origine mexicaine, subit des discriminations en Californie. Le point commun entre ces 3 personnages est leur talent de musiciens. Echo est une ode à la musique qui est un allié inestimable dans ces moments de crise et de profond désespoir que traversent les héros. Une touche de magie vient s’ajouter à l’histoire. C’est très subtil, presque indécelable. J’ai trouvé que l’auteur, Pam Munoz Ryan, n’épargnait pas ses lecteurs (et tant mieux!). La réalité historique est crue, douloureuse. Il y a des passages très forts. Et j’ai apprécié le petit effet de surprise final concernant la destinée de Friedrich, Mike et Ivy. Une bonne surprise !

Echo de Pam Munoz Ryan (2015) – 592 pages
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Mon premier Jules Verne ! Eh oui, j’ai traversé l’enfance, puis l’adolescence sans ouvrir un seul de ses livres. Pourtant mon père m’a souvent parlé avec engouement des romans de cet auteur qui ont bercé sa propre enfance. C’était donc à mon tour de le découvrir à travers son ouvrage Le Tour du Monde en 80 Jours. Ce fut une lecture bien plus aisée que je ne l’aurais cru. Je pensais que l’écriture aurait vieilli et serait difficilement abordable. Finalement ce ne fut pas le cas. Le récit n’a pas pris une ride et les aventures de Phileas Fogg et de son domestique Passepartout sont toujours aussi prenantes, même 142 ans après que les premiers lecteurs aient lu cette histoire ! Par rapport à d’autres romans du XIXeme siècle, je trouve que celui ci fait toujours rêver: c’est une histoire d’aventures et de voyages comme il ne s’en fait plus beaucoup aujourd’hui. Ce fut donc une belle entrée en matière dans l’œuvre de Jules Verne, et je compte bien poursuivre ma découverte ! Peut être avec un de ses récits d’anticipation (Paris au XXe siècle) ou un autre roman d’aventures (Vingt mille lieues sous les mers).  

Le Tour du Monde en 80 Jours de Jules Verne (1872)

Bons baisers des Etats-Unis

OH MY GOODNESS! 

Je connais Sara depuis plusieurs années maintenant. Nous nous sommes connues en commentant mutuellement nos blogs. C’est une personne toujours si joyeuse, souriante, prévenante et qui se bat au sein de son université à Easton (en Pennsylvanie) pour les droits des femmes et elle milite également pour la communauté LGBT. Je la soutiens à 100% dans tous les projets qu’elle entreprend ^^ Sara est aussi une grande lectrice, une fan de Parks&Rec, Sherlock, Harry Potter comme moi. Et elle se débrouille bien en français ! Toutes les qualités d’une très bonne amie :D

Ce matin j’ai été réveillée par le facteur, mais je n’ai pas été fâchée en voyant ce qu’il m’apportait !!  Je n’ai jamais reçu un colis aussi volumineux ^^ Sara m’avait dit qu’elle m’avait envoyé quelque chose mais je ne m’attendais pas à cela !!! 

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Tout d’abord, des livres ! Ca je m’y attendais un petit peu ^^ Mais je n’avais aucune idée sur les titres qu’elle allait choisir. Je suis super contente d’avoir reçu une superbe édition en hardback de Rebels Angels. Le second tome de la trilogie A Great and Terrible Beauty de Libba Bray. En plus, il vient du Strand Bookstore à New York, où Sara rendait visite à son frère. Sans sa jaquette, le livre est très beau. Il me reste plus qu’à lire le tome 1 ^^

Le second livre est Graceling de Kristin Casher que j’ai très envie de lire depuis des lustres ! Dans sa lettre, Sara me dit que c’est un roman fantasy formidable avec un univers incroyablement réel. Elle me dit aussi que je risque de beaucoup aimer le personnage de Po ^^ Hâte de faire sa connaissance !

Et le troisième livre est un roman que j’ai déjà lu. Il s’agit de Every Day de David Levithan. J’avais trouvé l’idée originale, et l’écriture très belle. Ce n’avait pas été un coup de coeur pour autant. Il s’agit aussi d’un des romans favoris de Justine de Fairy Neverland. Je suis tout de même ravie d’avoir un exemplaire car la couverture est superbe  :D

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Aaaah ! Un mug Harry Potter avec ma citation préférée (je l’ai même sur un t-shirt). En plus, l’écriture a été faite main par Sara *O* Et derrière, il y a un charmant petit vif d’or (golden snitch) !! Je pense que je vais le garder sur mon bureau pour l’avoir tout le temps sous les yeux ^^

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Elle m’a ensuite envoyé une dizaine de cartes postales de New York et de la ville d’Asbury Park ainsi qu’une petite pochette toute mignonne que je vais certainement mettre dans mon sac à main ^^

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J’ai trop rigolé quand j’ai vu cette figurine d’Oscar Wilde XD C’est trop trop classe ! Elle s’est souvenue qu’il est mon auteur classique préféré et je trouve, cette petite attention, tellement adorable de sa part ! Je ne savais même pas que ce genre de figurines existait x) Il sera le gardien de mes ouvrages d’Oscar Wilde ^^

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Passons désormais à la partie FOOOOOD ! Je vais bien pouvoir me goinfrer ahah

Il y a des caramels « Salt Water Taffy » qui sont une spécialité d’une boutique à New Jersey. Je crois qu’ils ont des gouts différents selon leur couleur. Je n’ai gouté qu’un jaune pour le moment, et il avait un petit gout de citron caramélisé ! Le second sachet contient un assortiment de fruits secs (raisins) et de noix recouverts de chocolat et de « yogurt-flavored ». Ca vient du magasin Archer Farms. Pressée de gouter cela o/ 

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Aaaah des cookies aux marshmallow !! Si je me souviens bien, j’en avais déjà gouté lors de mon voyage à NY. Et c’est tellement bon ! Et puisque Sara ne fait pas les choses à moitié, elle ne m’a pas envoyé une boite, mais DEUX !

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C’est Pâques avant l’heure en fait xD Encore plus de bonnes choses à grignoter. Des M&M au chocolat au lait. Et des snacks en tout genre: Kit-Kat, Almond Joy, Reese’s et Hershey’s. Je ne crois pas que toutes ces marques soient vendues en France ? Je me trompe peut être, mais je vais me RE-GA-LER ! 

Je n’en reviens pas de tout ce que contenait ce colis ! Je suis abasourdie et tellement contente ! Merci du fond du coeur Sara ^^ You’re the best ! Tout est merveilleux !

While there’s life, there is hope

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The imitation game (2014)

Alan Turing était un génie mathématicien et informaticien britannique. Dès son plus jeune âge, il savait résoudre les énigmes les plus ardues et même réfuter les théories d’Einstein. Son cerveau hors norme fut mis à contribution au début de la Seconde Guerre Mondiale pour déchiffrer les messages émis par la machine Enigma conçue par les Allemands. Cette machine, véritable casse-tête, changeait automatiquement de configuration chaque nuit à minuit. L’équipe de cryptologie dans laquelle travaillait Turing, a du trouver un moyen de décrypter les communications chiffrées du IIIeme Reich. Voici résumé succinctement ce qui se passe dans ce film qui est également l’adaptation du livre Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence de Andrew Hodges.

J’avais déjà vu un reportage sur Turing avant que ce film ne sorte au cinéma. Je connaissais les grandes lignes de son implication dans la défaite des allemands pendant la WWII. Ce fut intéressant de le voir prendre vie dans un film, et qui plus est sous les traits de Benedict Cumberbatch (Mon acteur favori si certains d’entre vous ne le savent pas encore ^^). Tout n’est surement pas fidèle aux véritables faits. Les connaisseurs pointeront du doigt des choses incohérentes.  Sur la fiche wikipédia du film, j’ai pris note des différences majeures entre la fiction et la réalité. Par exemple Turing n’était pas asocial alors que dans le film, il semble avoir le syndrome d’Asperger. Turing et l’équipe Hut 8 n’ont pas déchiffré les codes nazis tous seuls, « des progrès ont été en réalité accomplis dès 1939 et des milliers de personnes travaillaient sur le projet à la fin de la guerre ». Mais sur le coup, je n’ai pas pu me rendre compte de ces inexactitudes, et j’ai trouvé le film prenant. La vie de Alan Turing m’a extrêmement émue. Homosexuel, il fut condamné à la castration chimique et se suicida en 1954 à l’aide d’une pomme empoisonnée au cyanure. L’existence de Turing fut ponctuée d’injustices et il n’a été gracié qu’en 2013 par Elizabeth II.

Son histoire personnelle m’a donc énormément touchée, mais j’ai bien aimé l’ensemble du film. La tension qui monte au fur et à mesure que l’Europe plonge dans la guerre. La course contre la montre pour casser les codes. Parfois, la mauvaise entente entre les membres de l’équipe de cryptographie. Je ne me suis pas ennuyée même si parfois je suis passée à côté d’explications un peu trop techniques (la logique mathématique et moi..). Le rôle que Benedict Cumberbatch tient ici n’est pas loin de son interprétation de Sherlock. Je le trouve toujours aussi bon dans son jeu. Il en va de même pour Keira Knightley qui interprète Joan Clarke.

Je souhaiterais désormais découvrir plus précisément Turing à travers l’ouvrage cité plus haut, d’Andrew Hodges.

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The Theory of Everything (2014)

Passons maintenant à un autre biopic : celui sur la vie de Stephen Hawking, tout aussi émouvante. Je ne vais pas revenir sur ses travaux scientifiques à propos des trous noirs et la gravité quantique car je serai incapable de les expliquer ^^’ Ce film retrace ses années universitaires, et sa rencontre avec Jane Wilde qui va devenir sa femme.  Stephen est diagnostiqué d’une Sclérose latérale amyotrophique et les médecins ne lui donnent que 2 ans à vivre. Il vivra bien plus longtemps que cela, puisqu’il a aujourd’hui, 73 ans. Le biopic s’attache surtout à son mariage, et aux aggravations de sa maladie: il perd progressivement l’usage de ses membres, puis de la parole. C’est un combat au quotidien aussi bien pour lui que pour sa femme. La performance de Eddie Redmayne est époustouflante. Une véritable transformation physique s’opère entre le début et la fin du film. Beaucoup d’émotions donc mais pas le coup de coeur escompté. Mais là encore, j’aurais bien envie de lire Une brève histoire du temps : Du big bang aux trous noirs, l’ouvrage le plus célèbre d’Hawking. (La citation dans le titre est de lui).

Dans un autre genre, j’ai aussi visionné: 

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Captain America 2

May the angels watch over you

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Musiques d’accompagnement /

The secret of Raven Point suit le quotidien de Juliet Dufresne, infirmière sur le front italien au nord de Rome pendant la Seconde Guerre Mondiale. Son frère ayant été porté disparu au combat, la jeune fille décide de mentir sur son âge et de prendre part à l’effort de guerre dans l’espoir d’en savoir plus sur la disparition de son frère tant aimé. L’intrigue repose sur cette quête de la vérité. Le point de départ est donc assez mince et un peu précipité. Une vingtaine de pages seulement pour nous présenter le frère et la soeur, et leur relation. Une fois leur personnalité décrite, l’auteure ne revient pas dessus. C’est à cause de ce manque d’approfondissement que les personnages m’ont paru lointains, confus, irréels.

Je m’attendais à ce que ce roman soit âpre, difficile au vu de son sujet. Néanmoins, j’ai trouvé certains passages vraiment sordides. Les descriptions des opérations et des blessures de guerres étaient parfois insoutenables.  Ca a le mérite de nous faire voir l’horreur de la guerre à travers les yeux d’une infirmière novice. 

Le livre se lit rapidement. Le style de la romancière est assez appréciable mais, je n’ai pas eu l’impression de prendre part véritablement à l’action. L’intrigue se déroule en Italie, et les lieux sont peu décrits (si ce n’est une escapade à Florence). Je dois avouer avoir bien aimé les toutes dernières pages du roman, les seules à m’avoir vraiment émue. Je ne regrette pas d’avoir entrepris cette lecture, mais j’aurais voulu qu’elle m’apporte plus d’émotions tout du long ! Le titre du roman évoque un « secret », et j’espérais avoir quelque chose de solide à me mettre sous la dent, ce ne fut pas le cas. Un peu déçue donc !

The secret of Raven Point de Jennifer Vanderbes (2014) / Goodreads > 3/5

Survival is insufficient*

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Que ce livre est étrange…mais dans le bon sens du terme. Station Eleven m’a retourné l’esprit. J’étais comme déconnectée du monde qui m’entourait lorsque j’avais le nez entre ces pages. Une impression douce-amère ne m’a pas quittée de la première à la dernière page. J’ai même rêvé de ce monde post apocalyptique, c’est pour dire !quote

L’histoire commence lorsque le célèbre acteur Arthur Leander meurt sur scène en interprétant le rôle principal du Roi Lear. Le même soir, le monde plonge dans l’apocalypse. Une épidémie de grippe décime plus de la moitié de la Planète. C’est la fin d’une civilisation, du monde tel que nous le connaissons. Rien ne relie à proprement parlé les deux événements, mais le personnage d’Arthur est le fil rouge du roman. Une vingtaine d’années plus tard, nous retrouvons une troupe de comédiens shakespeariens qui vadrouillent de village en village, pour égayer les derniers survivants. Il y a beaucoup de symboles récurrents dans ce livre. Le chiffre 11. Les tatouages. La biche (voir couverture plus bas). Les pièces de Shakespeare, immortel dramaturge.

« No more Internet. No more social media, no more scrolling through litanies of dreams and nervous hopes and photographs of lunches, cries for help and expressions of contentment and relationship-status updates with heart icons whole or broken, plans to meet up later, pleas, complaints, desires, pictures of babies dressed as bears or peppers for Halloween. No more reading and commenting on the lives of others, and in so doing, feeling slightly less alone in the room. No more avatars. »

Station Eleven ne ressemble à rien de ce que j’ai pu lire jusqu’à présent. Tout d’abord car il est agencé d’une manière particulière: entre présent et passé. Il n’y a pas non plus de personnage principal mais de nombreuses perspectives narratives. Et parce qu’il a réveillé en moi comme une fascination malsaine. Ce n’est pas tant ce qui se passe dans le récit (survivre dans un monde où tout a été réduit à néant, et où des petits groupes armés font leur loi au nom d’un Prophète) mais c’est surtout la nostalgie qui ressort de ces pages. Il y a des flashback qui nous font entrevoir la vie des rescapés (ou non) avant l’apocalypse. Le roman est comme un puzzle. Les pièces se combinent jusqu’à former un tout cohérent. Comme une fresque qui était en arrière plan et qui prend désormais tout son sens. Il faut être attentif et ne pas laisser passer des éléments cruciaux à la compréhension de l’intrigue.

Et que dire de la plume d’Emily ST.John Mandel ? Sublime, exaltante. J’ai parfois lu plusieurs fois certaines phrases comme pour les graver dans mon esprit (faute d’avoir une mémoire photographique, j’ai accolé plein de post-it dedans x). Je suis impressionnée par ce qu’elle est parvenue à faire en partant de l’idée d’écrire un roman post-apocalyptique. Oubliez les zombies, car ici tout parait plausible. Mais l’histoire se concentre davantage sur ses personnages plutôt que sur le contexte de l’action. La réalité sordide de ce nouveau monde est néanmoins évoquée par petites touches, avec subtilité. C’est un roman assez lent, mais on ne s’ennuie jamais. Et il y a quelques notes d’espoir, cette histoire n’est pas totalement pessimiste. 

Vous l’aurez compris, Station Eleven m’obsède, et je pense que je vais y penser encore un certain temps (dans mes rêves surtout). Je ne voulais pas quitter les pages de ce livre. Mais toutes les bonnes choses ont une fin…

Station Eleven de Emily ST.John Mandel (2014)

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Le titre de l’article, est une citation de Star Trek présente dans le roman.*