L’Amie Prodigieuse

IMG_20160322_163509-1
Ce roman d’Elena Ferrante semble avoir atteint une certaine popularité ces derniers temps en France alors que je le croisais déjà en librairie en Italie il y a plusieurs années. Si en France seulement deux tomes sur les quatre ont pour le moment été traduits, les anglophones peuvent déjà découvrir l’intégralité de la saga! J’espère qu’on pourra prochainement avoir les deux volumes suivants à notre disposition !

.

L’Amie prodigieuse narre la jeunesse de deux amies, Elena et Lila, dans le Naples des années 50. Lila est une enfant terrible, méchante quand elle décide de l’être mais aussi sûre d’elle, et brillante élève avec de grandes capacités. Elena est une fillette beaucoup plus sage bien qu’elle soit influencée par sa meilleure amie. Pendant toute son enfance et adolescence, Elena se sent inférieure à cette dernière, et en secrète rivalité. Très vite, elles vont prendre des chemins diamétralement opposés. Lila préférant abandonner l’école malgré de très bons résultats pour apprendre un métier concret et manuel. Elena continue ses études bien qu’elle le fasse surtout pour se prouver qu’elle peut aussi être douée dans quelque chose. Il y a une jalousie réciproque presque impalpable qui se dessine en arrière plan de leur amitié.

.

C’est l’histoire d’une enfance difficile, pauvre, malmenée, parfois violente. La seule chose que j’ai ressenti au fil de ma lecture, est une certaine nostalgie car on se rend compte combien nos aspirations et nos rêves lorsqu’on est jeune se ternissent souvent au cours des années et finissent pas être de lointains souvenirs presque oubliés. Ce premier volume se termine lorsque les deux amies ont 16 ans, et qu’elles sont toutes les deux indécises quant à leur avenir. La suite nous racontera les décennies suivantes de leur vie car dans les toutes premières pages, Elena a la soixantaine et se remémore son amitié avec Lila. Je n’ai pas pour autant été subjuguée par ce livre, il n’a pas réveillé en moi beaucoup d’émotions si ce n’est un sentiment d’inconfort et de malaise comme s’il me faisait me rendre compte que je ressemblais un peu à Elena dans ses défauts.. Surtout dans le manque de reconnaissance qu’elle éprouve et son perpétuel sentiment d’infériorité:

L’instituteur commença à me complimenter sur mon assiduité mais ensuite il prit des nouvelles de Lila, exprimant un profond regret qu’elle et toute sa famille aient arrêté d’emprunter des livres. J’ai du mal à expliquer pourquoi, mais je souffris de ce regret. Il me sembla le signe d’une intérêt profond et authentique pour Lila, quelque chose de beaucoup plus fort que ses compliments pour ma discipline de lectrice assidue. Je me dis que si Lila avait emprunté ne serait-ce qu’un seul livre par an, elle aurait laissé sa marque sur cet ouvrage et l’enseignant l’aurait perçu quand elle l’aurait rendu, alors que moi je ne laissais aucune marque.

Ce livre m’a mise mal à l’aise parce que certaines pensées d’Elena m’étaient trop familières car je les ai ressenties et je les ressens toujours pour certaines. Et c’est d’autant plus perturbant qu’Elena n’est pas toujours très charitable et pourtant je me suis reconnue en elle… Le livre est plutôt lent. Il ne se passe pas de faits majeurs, on suit simplement le cours de la vie des habitants de ce quartier pauvre de Naples. D’ailleurs, il y a vraiment beaucoup de personnages et heureusement qu’ils sont listés par famille et par profession au début du livre sinon j’aurais été perdue !

.

Même si ce roman n’est pas un coup de cœur, loin de là, je suis tout de même contente de l’avoir lu pour m’en faire une idée et je pense lire la suite quand elle sera disponible en poche, mais je ne ressens pas une « envie pressante » (:p) de lire la suite tout de suite, maintenant!

.

L’amie prodigieuse (L’Amica Geniale) d’Elena Ferrante – 2011 – x

Mes dernières activités livresques #3

lectures Ce mois ci, j’ai terminé comme je l’avais prévu Les Trois Mousquetaires. J’avais débuté cette lecture fin janvier, il m’aura donc fallu presque deux mois pour l’achever. J’ai pris mon temps, je ne l’ai pas lu d’une traite préférant alterner avec des lectures me demandant moins de concentration (non pas que la plume d’Alexandre Dumas soit très difficile mais il faut tout de même être concentré tout du long ;). J’avais déjà fait part de mes premières impressions lorsque j’étais à la moitié de ma lecture, la suite fut tout aussi épique. Dumas est doué pour imaginer d’extraordinaires aventures à ses personnages. Athos et D’Artagnan sont restés mes deux héros préférés du début à la fin. Athos pour sa sagesse, sa noblesse, et sa tendresse paternelle envers le jeune d’Artagnan qu’il appelle quelques fois « fils ». D’Artagnan a beaucoup d’admiration pour son mentor de dix ans son ainé. Leur relation est superbement décrite, si bien que les deux autres personnages sont presque éclipsés par la grandeur de ces deux-là. Si j’ai aimé l’humour et l’autodérision de Porthos, Aramis me fut beaucoup moins sympathique parce que moins franc que ses compagnons. Outre les quatre gentilshommes, Milady de Winter est l’autre personnage phare de ce roman. Elle a diverses identités et nationalités, elle est insaisissable, ensorcelante, dangereuse. Sa fin tragique la rend d’autant plus inoubliable ! Je compte bien évidemment lire Vingt ans après, et Le Vicomte de Bragelonne, mais je vais me laisser le temps avant d’attaquer ces pavés ^^

Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas. 1844. 893 pages. x

transition2 Je m’y connais que très peu en littérature asiatique. J’ai lu un peu de japonaise avec Murakami et je n’avais pas du tout été touchée par Kafka sur le Rivage, ni par le premier tome de 1Q84. Je suis, en quelque sorte, sortie de ma « zone de confort » en lisant la sélection de mars du club de lecture Mango&Salt. Malheureusement, j’ai tout autant été hermétique au style de Keigo Higashino. Sans doute la traduction française ne rend pas justice à sa plume car l’ensemble du récit est très plat, peu naturel dans les dialogues. Et je n’ai pas ressenti l’ombre d’une émotion pour les personnages. En revanche, la particularité de ce livre réside dans son twist de départ: un meurtre est commis dans les premières pages et nous savons qui a fait le coup. Tout l’intérêt du livre repose donc sur la manière dont la police va remonter jusqu’au coupable. C’est un roman policier inversé en quelque sorte. La notion de dévouement suggérée dans le titre est très importante dans le livre et prend tout son sens au fil du texte.

Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce roman policier même si je lui reconnais de l’originalité dans sa construction et dans son thème (les mathématiques et la logique jouent un grand rôle). La traduction m’a posé problème tout au long de ma lecture m’empêchant de réellement entrer dans l’histoire, et le final ne m’a pas surprise tant que cela! J’aimerais tout de même m’essayer à un autre roman policier de l’auteur (La Maison où je suis mort autrefois) pour voir si la mayonnaise prend davantage :p

Le dévouement du suspect X de Keigo Higashimo. 2005. 314 pages. x

transition2 J’ai ensuite inauguré ma nouvelle liseuse en lisant And Only To Deceive de Tasha Alexander, un roman historique se déroulant à l’époque victorienne. Un livre qui s’est révélé beaucoup plus sérieux que ce que je m’imaginais. Je n’avais pas lu le résumé avant de m’y mettre, mais je m’attendais à quelque chose de léger, à une héroïne qui s’improvise détective comme dans la plupart des cozy mystery. Sauf que ce fut beaucoup plus poignant que cela. Lady Emily est veuve quand l’intrigue commence. Elle n’a été l’épouse de Philip Ashton que pendant six mois, et il ne s’agissait pas d’un mariage d’amour – Emily a accepté la demande en mariage afin d’échapper à la pression sociale de son temps, et surtout à sa mère qui la pressait de choisir un bon parti. C’est en découvrant les journaux intimes de feu son époux, qu’elle va se mettre à éprouver des sentiments pour lui.

Don’t fall in love with your dead husband, Kallista. It can bring you no joy.

Plus elle en découvre sur Philip, plus elle pleure son absence. Si elle avait appris à le connaitre plus tôt, ils auraient partagé des passions communes: il aurait pu l’initier à son amour pour la Grèce Antique, pour les antiquités… Philip semblait l’aimer profondément et elle n’avait rien vu! Emily éprouve une terrible amertume et aimerait faire machine arrière. Mais c’est trop tard… Elle se lance alors dans un apprentissage du grec, visite de nombreux musées afin de se rapprocher un tant soit peu des intérêts passés de Philip. Ce sont toutes les réflexions de l’héroïne qui m’ont fait apprécier ce livre et l’enquête ‘policière’ de ce premier tome s’invite naturellement dans son quotidien quand elle découvre que des objets précieux appartenant au British Museum ont été contrefaits et que son mari aurait potentiellement été impliqué dans un trafic d’antiquités. Je suis curieuse de voir ce que la série de Tasha Alexander peut donner sur 11 tomes (!!) et comment le personnage d’Emily Ashton évoluera par la suite !

And Only to Deceive de Tasha Alexander. 2005. 321 pages. x

transition2

IMG_20160325_144139

Je vous présente ma nouvelle liseuse que j’ai nommée Ada Lovelace 😛 ! Pour ceux qui me suivent sur mon Instagram, j’ai écrit un post à propos des raisons qui m’ont poussée à changer de modèle. Je suis adepte de la lecture numérique depuis 2012 et ma première liseuse – un Kindle Touch de 2011 – m’a beaucoup servi au cours de ces dernières années (surtout lorsque je lisais des manuscrits pour une maison d’édition). Je suis ravie d’être passée au Kindle Paperwhite qui offre un éclairage intégré* qui va me permettre de lire tard le soir (ou tôt le matin ^^) sans avoir besoin d’allumer ma lampe de chevet !

*Qui ne fait pas mal au yeux car il s’agit toujours de la technologie e-ink, l’opposé des écrans LCD des tablettes, smartphones et ordinateurs. 

IMG_20160325_143442 IMG_20160325_143601

L’une des nouvelles options est le vocabulaire interactif qui est la synthèse de tous les mots recherchés dans le dictionnaire au cours de ma lecture. Des fiches de révision replacent le mot dans son contexte pour mieux en retenir le sens. C’est vraiment pratique, et je vais également recopier les définitions dans un carnet pour les mémoriser ^^

Comme je le disais déjà dans un article en 2012, le livre numérique est pour moi un excellent complément aux livres papier sans pour autant les supplanter !

transition2
Enfin, je saute du coq à l’âne en vous donnant mon avis sur le saison 2 de Daredevil visionnée sur Netflix !

daredevilAprès une saison 1 très réussie, Daredevil, le justicier masqué de Hell’s Kitchen, était devenu un de mes héros Marvel préférés. Cette saison 2 m’a (presque) autant séduite et impressionnée par ses scènes d’action incroyablement orchestrées, par ses plans-séquences filmés dans l’obscurité (la « scène de bagarre dans l’escalier » est sensationnelle!). J’aime toujours autant le personnage de Daredevil, mais mon attention s’est davantage porté sur les deux autres antihéros: Elektra (interprétée superbement par la française Elodie Yung) et surtout le Punisher: personnage glaçant et complexe qui n’a pas du tout la même perception de la Justice que Daredevil. Il est fascinant malgré sa bestialité, et Jon Bernthal, est un acteur au top!! Et c’est justement en raison de cette recrudescence de violence que je suis légèrement moins enthousiaste.. La saison 1 était un peu violente déjà, mais ça restait « décent » alors que là… A partir de l’épisode 9, beaucoup de scènes m’ont fait détourner le regard. Je comprends que cette violence soit nécessaire à la série étant donné l’intrigue et les personnages impliqués et c’est sans doute aussi sombre dans les Comics Marvel, mais ce fut beaucoup trop sanglant à mon goût. Ca n’empêche pas que j’ai apprécié cette saison 2 si je fais abstraction de certaines scènes ! Les + : le rythme, les diverses intrigues, le traitement des personnages principaux et secondaires, l’ambiance électrique de la ville de NY la nuit etc.. Et j’ai hâte de voir la saison 3 qui promet d’être épique (et tout aussi dark…).

transition2

Je ne pense pas écrire un bilan culturel du mois de mars comme le mois dernier, car j’ai déjà parlé de toutes mes lectures ici ou sur Facebook. Je vous ai aussi assez rebattu les oreilles avec le livre et le film Brooklyn – véritable coup de coeur de ce début d’année et je serai capable d’écrire encore un paragraphe entier dessus donc je vais m’abstenir haha. Donc il n’y aurait rien de neuf à dire dans un article bilan ! Mais je vous retrouve bien vite avec mes prochaines lectures ☺️

Brooklyn • Livre & Film

IMG_20160306_163856Brooklyn fut un des tous premiers livres en anglais que j’ai eu en ma possession, et pourtant, je me suis mise à le lire une semaine seulement avant la sortie de son adaptation ^^’

Eilis, une jeune irlandaise, vit avec sa sœur Rose et sa mère. Elle n’a pas d’avenir professionnel dans sa ville natale, et est poussée à émigrer aux États-Unis où il sera plus facile pour elle de trouver un travail et se construire une nouvelle vie. Eilis quitte tous ses repères, et sa vie de famille unie pour un emploi de vendeuse dans une boutique new-yorkaise.

Le sujet du livre pourrait paraitre conventionnel et déjà-vu (= immigration pendant les années 50), mais c’est écrit avec beaucoup de sensibilité et de réalisme. Colm Toibin décrit la nouvelle existence de son héroïne avec affection et tendresse. Il porte un regard bienveillant sur elle. J’ai même  eu l’impression qu’Eilis, Tony, Jim, Rose (etc..) existaient véritablement et n’étaient pas uniquement des êtres nés de l’imagination de l’écrivain. Toibin n’a pas seulement une jolie plume, il ne fait qu’un avec ses personnages.

tumblr_o369fvOlRY1ueqeo8o7_400Je m’attendais à ce que les histoires de cœur d’Eilis débutent très tôt dans l’histoire, mais ce n’est pas du tout le cas – et ce n’est pas pour me déplaire ! La première partie du récit se déroule en Irlande avant son départ. Elle a le cœur gros, elle n’a pas envie de partir seule à l’autre bout du monde. Après une traversée de l’Atlantique mouvementée (et des incidents quelques peu cocasses x), la voilà débarquée dans une ville cosmopolite où elle doit s’habituer à ce melting pot. C’est vers la centième page environ (sur 246 seulement) qu’une intrigue amoureuse se dessine. Tony et Eilis se rencontrent à une soirée dansante. Cette romance m’a beaucoup plu ainsi que le dilemme auquel Eilin est confrontée. Mais Brooklyn n’est pas qu’un roman sentimental, j’ai aimé qu’il aborde des problématiques que j’ai rarement croisé dans mes lectures jusqu’à présent: le dépaysement, le mal du pays, l’immigration. Le rêve américain et l’exil sont beaucoup moins glamour et idéalisés que ce qu’on a l’habitude de voir et lire à ce sujet. Eilis est sans cesse tiraillée par le doute (rester ou repartir ?), et cela distille un certain suspense car la fin n’est pas du tout évidente à deviner ! Une très belle histoire !

All I can say is that it will pass. Homesickness is like most sicknesses. It’ll make you feel wretched and then it’ll move on to somebody else

Brooklyn de Colm Tóibín (2009) traduit en français sous le même titre

tumblr_o3x0csA2eB1r1yqj1o9_500

Il est souvent rare que je trouve une adaptation à la hauteur d’un livre. C’était presque chose inespérée pour ce film, et pourtant j’ai littéralement adoré ! L’actrice (Saoirse Ronan) interprète Eilis exactement de la manière dont je me l’étais représentée. Elle est sensible, discrète, espiègle parfois. C’est vraiment une belle héroïne. Je craignais que le film mette exclusivement en avant le(s) romance(s) au détriment de la réflexion autour de l’exil, mais pas du tout – c’est dosé comme il faut. Je regrette peut être qu’on ne voit pas suffisamment la ville de New-York, ni même beaucoup l’Irlande. Ce qui va suivre va apporter une petite révélation donc ne lisez pas entre les parenthèses si vous ne voulez rien savoir (dans le livre, j’ai été beaucoup plus émue par la romance irlandaise d’Eilis. Les sentiments de Jim m’ont paru beaucoup plus sincères. Dans le film c’est tout le contraire, je voulais qu’elle retourne au plus vite aux Etats-Unis dans les bras de Tony). En plus du jeu subtil de Saoirse Ronan en tête d’affiche, j’ai eu un coup de foudre pour Emory Cohen (Tony, l’italo-Americain) qui m’a fait penser à Marlon Brando jeune ! J’ai tout trouvé juste dans ce film dont l’esthétisme m’a rendue nostalgique de cette époque. La fin m’a fait verser une petite larme même si le film ne tombe jamais dans le mélodrame avec de grandes envolées, et drames à n’en plus finir. Et j’ai déjà une furieuse envie de le revoir !! Edit 18/03: Revu une seconde fois au cinéma, et je pourrais le revoir une troisième, une quatrième fois tellement je l’aime ^^ Désormais un de mes films préférés !! Et la scène finale est…. <3 *larmes aux yeux*