Kafka sur le rivage

  Kafka sur le rivage ★★
de Haruki Murakami – (2003) – 640 pages

10/18

4eme de couverture: Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d’esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d’autres choses encore. Avant de voir leur destin converger inexorablement et de découvrir leur propre vérité.

Mon avis: Je ne connais quasiment rien de l’oeuvre de cet écrivain japonais. J’ai lu le premier tome de 1Q84, et même si j’avais trouvé ce roman envoûtant, je n’avais pas complètement adhéré à l’univers de Murakami. (Je serai tout de même curieuse de lire la suite). Sindy m’a offert ce roman pour Noël (Merci!), en précisant bien que ça avait été une réelle découverte pour elle. J’aurais voulu me montrer aussi enthousiaste qu’elle, mais ce n’est vraiment pas le cas. J’ai lu Kafka sur la rivage dans le cadre d’une lecture commune avec Cachou et Shaya.

Dès les premières pages, cette histoire m’a pourtant intéressée.
Kafka Tamura, vient d’avoir 15 ans. Depuis toujours, il s’était promis de quitter le domicile familial ce jour là. On va donc le suivre dans sa fugue à travers le Japon. Le père de Kafka lui avait annoncé une terrible prophétie quand il était petit: un jour, il tuera son père, il couchera avec sa mère et violera sa soeur. Comme Oedipe, il cherche par tous les moyens à échapper à un tel destin. Je ne me suis nullement attachée à ce garçon. J’ai été indifférente à son sort de la page 1 à la page 640. :p Donc, c’est frustrant d’entreprendre la lecture d’un tel pavé, si on n’apprécie pas le personnage principal.
Heureusement, il y a un second personnage qui m’a enchantée. En parallèle à la fugue de Kafka, il y a un petit vieillard Nakata qui va lui aussi entreprendre un périple. Ce petit bonhomme amnésique est très touchant: il est «quelqu’un de pas très intelligent» comme il ne cesse de le répéter à tout bout de champ. Il parle de lui à la troisième personne, et il a de longues discussions avec les chats de son quartier. Les parties qui le concernent sont irrésistibles et beaucoup plus prenantes que celles sur Kafka.

Je n’ai pas apprécié ma lecture car il y a trop de zones d’ombre. Trop de mystère tue le mystère. Je n’aime pas arriver à la fin d’un roman, et ne pas avoir les réponses à mes questions. C’est presque une perte de temps pour moi.
Je suis sûrement du genre à aimer les romans plus terre à terre, car j’ai été insensible à la soit-disante plume onirique de l’auteur.  Oui c’est sûrement cela.. je n’ai pas réussi à entrer dans son univers.. je suis restée à la surface. Il nous décrit un monde contemporain, mais en y ajoutant des éléments surnaturels comme des sangsues qui tombent du ciel, un homme qui parle aux chats, le monsieur de KFC qui prend ‘vie’.. A chaque fois, je cherchais à démêler la part de vraie, et la part de rêve, et je crois qu’il ne faut pas chercher à faire cela. Il faut seulement se laisser guider par Murakami.. mais je n’y suis pas parvenue. Je n’ai pas tout compris à cette histoire au final.. et la portée philosophique m’est passée complètement par-dessus la tête.

Ce roman est quand même bien rythmé. Les pages se tournent vite. Ca n’a pas été non plus une lecture déplaisante, puisque je suis parvenue assez rapidement à la fin. Mais je m’intéressais davantage à Nakata et à son chauffeur Hoshino. Autre point qui m’a fortement dérangée (tout comme dans 1Q84): les scènes de sexe pas du tout sensuelles qui sont nombreuses dans le roman. C’est d’une telle crudité, et ça arrive presque comme un cheveu sur la soupe! Décidément je ne trouve pas du tout l’écriture de Murakami poétique..

Donc pour résumer, ce livre qui plait pourtant à beaucoup, n’a pas réussi à me charmer, à m’envoûter. J’espère qu’il aura davantage plu à Cachou et à Shaya.

D’autres avis:
Celui de Sindy élogieux.

Celui de Mélisende que je rejoins complètement.

12 réflexions au sujet de « Kafka sur le rivage »

  1. maggie

    Je me disais de même que j’allais continuer la découverte de cet auteur parce que comme toi je n’avais pas complètement aimé 1Q84 mais je suis d’accord : trop de mystère, tue le mystère surtout s’il ne donne pas de réponse. déjà dans le premier tome de 1Q84, cela me faisait cet effet, en plus de la langue très maladroite… Peut-être en choisirai-je un autre…

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  2. Melisende

    Je trouve que la littérature japonaise est assez difficile à aborder. Soit on adhère, soit non. C’est une culture tellement éloignée de la nôtre… tellement plus… euh, comment dire… « poétique » ? Bon, je n’ai que cette lecture à ranger dans mon expérience de littérature japonaise (si on ne compte pas les mangas), alors c’est peu. Cependant, tu dis que le premier tome de 1Q84 t’a davantage plu… peut-être que je retenterai un Murakamai, à l’occasion, histoire de confirmer – ou non – mes impressions sur son style. :)

    PS : merci pour le lien, c’est très gentil ! Et je ne vois pas pourquoi ça me gênerait, au contraire ! :)

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    1. Alicia

      J’ai moi aussi lu très peu de littérature japonaise (je ne compte pas les innombrables mangas que j’ai dévoré quand j’étais ado :p), mais à chaque fois j’ai ressenti une sorte de malaise.. l’atmosphère y est toujours très particulière.. j’ai dû mal à y voir de la poésie aussi..
      Je te remercie de ton passage !

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  3. Cachou

    J’ai lu plusieurs livres du monsieur, et ce n’est pas le meilleur pour moi. « Les amants du Spoutnik » reste mon préféré. J’ai trouvé que celui-ci tirait en longueur, et, par contre (contrairement à toi), que la partie onirique n’était pas assez poussée. C’est que ce côté fantastico-onirique sans réelle résolution, c’est une caractéristique de l’auteur, qui laisse souvent parler la poésie et le symbolisme et donne rarement des explications. Du coup, si ce côté-là ne te plaît pas, il n’est peut-être pas fait pour toi (quoique j’ai quand même envie de te conseiller « Les amants du Spoutnik » donc).
    Moi, par contre, c’est plus Kafka que Nakata qui m’a plu. J’ai plus aimé son histoire à lui, j’ai fantasmé sur son échappée en bibliothèque et j’ai été enchantée par les rencontres qu’il fait. J’ai moins accroché aux parties sur Nakata à partir du moment où il commence son voyage (avant, j’aimais bien).
    Mais bon, donc, pas un coup de coeur, mais un bon moment pour moi. Mon billet paraîtra à 20h.

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  4. Anne

    Je ne parviens pas à détacher un livre de Murakamai des piles de lirairie… je ne sais ce qui me retient, ça me fait peur, ou ça m’impressionne ou… ??? Ce n’est pas toi qui vas m’encourager, je vois !

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