Les dames à la licorne

Les dames à la licorne

de René Barjavel et Olenka de veer – (1974) – 412 pages

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Livraddict

4eme de couverture : Une terre de légendes : l’Irlande.
Un descendant de roi, chef rebelle en fuite Hugh O’Farran. Une jeune sauvageonne au prénom étrange : Griselda… Griselda qui rêve, en cette fin du XIXe siècle, d’un destin extraordinaire loin de cette île de Saint-Albans où elle vit avec ses quatre soeurs et ses parents… Voici les personnages principaux d’un magnifique roman d’amour inspiré d’une histoire vraie. Une histoire qui pourrait commencer par « Il était une fois cinq filles dans une prison d’eau… » tant elle a la beauté et le mystère d’un conte…

Mon avis : De Barjavel je n’avais lu que La nuit des temps, sans doute son ouvrage le plus connu et qu’on fait souvent lire aux collégiens. Je me souviens avoir aimé sur le moment, mais je n’en garde pas beaucoup de souvenir. J’ai l’intention de le relire un jour, mais en attendant deux autres romans de Barjavel que j’ai découvert grâce à Meli, me font encore plus envie : Les dames à la licorne et L’enchanteur. L’auteur est surtout réputé pour ses livres de SF, mais ces deux titres ne sont pas des romans d’anticipation puisqu’ils se déroulent dans le passé.

Les dames à la licorne m’a énormément plu, je dirai même que j’ai été estomaquée par la finesse et la poésie qui émanent de ce récit. Pourtant les premières pages m’ont donné du fil à retordre car on est propulsé des siècles et des siècles avant notre histoire. On remonte bien des générations afin de comprendre la destinée hors du commun de cette famille. Le début, bien qu’intéressant, m’a un peu perdue mais rapidement je me suis laissée envoûter par la plume de Barjavel.

Sir John habite sur une île avec sa femme et ses cinq filles. Griselda, Kitty, Helen, Alice et Jane ne sont toujours pas mariées, pourtant l’aînée a bientôt vingt-huit ans. Leur père les laisse vivre leur vie comme elles le souhaitent. L’intrigue est principalement centrée sur le personnage de Griselda qui a une vingtaine d’années et qui est la plus survoltée. Elle rêve d’évasion mais aussi du grand amour.

«A chaque départ elle jouait à croire que c’était un vrai départ, mais elle y prenait d’autant plus de plaisir qu’elle savait qu’il y aurait un retour. Elle partait, mais demeurait attachée à l’asile familial rassurant, avec ses sœurs, ses parents, ses arbres et son rocher, le renard et le chien, et sa merveilleuse enfance encore présente, sur laquelle les désirs d’évasion avaient fleuri comme des fusées d’or sur un genêt bien enraciné. » (page 182)

Les images que Barjavel crée sont juste magnifiques. Je me suis surprise à m’arrêter plusieurs fois au cours de ma lecture pour noter tel ou tel passage tellement je voulais en garder un souvenir. On ressent de l’émerveillement quand il décrit les paysages irlandais, mais aussi quand il parle de la passion amoureuse entre un homme et une femme. C’est vraiment très poétique. Un peu de mystère vient s’ajouter au récit de l’île et de ses habitants. C’est d’autant plus mystérieux que l’auteur ne nous explique pas ces choses surréalistes.

L’histoire prend petit à petit une tournure à laquelle je ne m’attendais pas. J’ai adoré Griselda, je l’ai trouvé très touchante dans sa quête de liberté. Les scènes avec Shawn sont tellement belles et envoutantes. Je sais que c’est complètement anachronique, mais les passages avec Griselda et Shawn (et son automobile) m’ont fait un peu penser à Lady Sybil et à son chauffeur dans Downton Abbey ! D’ailleurs c’est peut être l’unique reproche que je ferai à ce roman : son ton trop moderne. L’histoire est censée se passer à la fin du XIXeme siècle, et pourtant j’ai trouvé que les mœurs des membres de cette famille étaient un peu trop légères pour cette époque.

L’autre aspect de ce roman qui m’a plu, c’est qu’il est en partie véridique. C’est un livre écrit à quatre mains. Olenka De Veer est l’arrière-petite-fille d’une des sœurs. Bien que le destin de celles ci soit romancé, une part d’authenticité demeure. J’adore faire ce genre de découverte une fois que j’ai terminé un livre, ça me fait me poser encore plus de questions sur les protagonistes. Deux autres suites existent mais ne sont malheureusement plus éditées. Je n’aurai sans doute pas l’occasion de les lire de sitôt…

Ma chronique est longue, mais j’espère que vous arrivez à percevoir mon enthousiasme concernant ce roman que je vous conseille grandement. Je vais continuer ma découverte de l’œuvre de Barjavel avec le roman « L’enchanteur » !

Coup de coeur !

6 réflexions au sujet de « Les dames à la licorne »

  1. Shelbylee

    C’est bien qu’il soit réédité, il me tentait bien, même si j’ai un léger doute sur la pertinence de la couverture…J’avais adoré l’enchanteur que j’ai lu il y a un certain temps.

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    1. Alicia

      La couverture précédente ne donnait vraiment pas envie d’ouvrir le bouquin.. La nouvelle est un peu meilleure sans être géniale pour autant x) J’espère que tu le lirai quand même!

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  2. Ping : Bilan lectures Aout 2012 « Books & Words

  3. Méloë

    Ce texte est absoolument superbe. En revanche, je n’aime pas du tout cette nouvelle couverture. Et figure-toi, que pour moi c’est l’inverse vu que j’ai découvert Downton Abbey après Les dames à la licorne, mais je me suis fait exactement la même réflexion !

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