Warriors don’t cry

rocknine

Lire des livres ou des articles à propos de la ségrégation des années 50/60 aux États-Unis est toujours douloureux et révoltant. Même quand il s’agit d’un roman jeunesse comme celui ci. J’avais entendu parler des « neuf de Little Rock » mais Sweet Sixteen nous met au cœur des événements. En 1957, neuf étudiants noirs furent autorisés par la Cour Suprême des USA à étudier dans le lycée central de Little Rock. Les injures racistes ne tardèrent pas à fuser, ainsi que les humiliations et les intimidations. Ce premier processus d’intégration échoua mais d’autres essais furent tentés les années suivantes. Le roman se concentre sur deux personnages : Molly (de son vrai nom Melba Pattillo – 5eme en partant de la gauche sur la photographie) qui fait partie des neufs nouveaux lycéens, et Grace, très populaire dans son lycée (je pense qu’il s’agit d’un personnage fictif) par qui on a le point de vue des blancs qui refusent catégoriquement la présence de noirs dans la même école qu’eux. Grace est difficile à cerner. Son opinion sur la question de l’intégration est moins extrémiste que celui de ses camarades mais elle accepte les choses sans trop sourciller. Être repéré par le KKK pour sympathie envers les noirs pouvait entraîner des lynchages. Le personnage de Molly est bien évidemment crève-cœur. L’auteur dit avoir voulu retranscrire la brutalité de ses jours passés au lycée, et on assiste à ce déchainement de violence – impuissants. Je n’ai pas trouvé que Sweet Sixteen faisait trop « jeunesse », il est tout aussi poignant que La Couleur des Sentiments.

Ps: Le titre de l’article fait référence à « Warriors don’t cry, a searing Memoir of the Battle to Integrate Little Rock’s Central High« , l’autobiographie de Melba Pattillo.

césar

S’il y a bien un roman qui m’a marquée quand j’étais plus jeune, ce fut La nuit des temps de Barjavel. Je repense souvent à cette histoire et je compte bien la redécouvrir sous peu. Du même écrivain, j’ai également lu Une Rose au paradis ainsi que Les dames à la licorne. La peau de César (1985) est donc le quatrième livre de lui que je dévore. Apparemment c’est son seul et unique roman policier, et ce premier essai est une belle réussite ! Les dames à la licorne avait été une lecture poétique et envoûtante. On ne retrouve pas le même style dans ce roman policier : c’est plus terre-à-terre, plus incisif aussi : lors de la représentation de la pièce Jules César de Shakespeare (non lue), l’acteur jouant l’Empereur est réellement poignardé par un des conjurés. La manière dont l’enquête est menée par les policiers n’est pas bien spectaculaire en revanche j’ai été convaincue par l’ultime coup de théâtre et la résolution finale. Quand on me pose la question: quels sont tes auteurs français préférés ? Un des premiers noms qui me vient à l’esprit est celui de Barjavel et cela ne cesse de se confirmer bien qu’il me reste tant à lire de lui !

7 réflexions au sujet de « Warriors don’t cry »

  1. Matilda

    Contente que tu publies un autre billet avec plaisir :) (je trouve que ça ressent à la lecture du truc en fait, que ça t’as fait plaisir de l’écrire)
    Je suis très tentée par le premier, ça me permettrait de bien lier des événements du cours de civilisation américaine dans ma tête. Parce que juste retenir des dates et des décisions de la cours suprêmes ce n’est pas franchement enthousiasmant.

    Je n’ai jamais lu Barjavel, et pour toute dire je ne suis pas hyper tentée pour le moment. Les résumés de ses bouquins ne me tentent pas et on m’en a dit trop de bien XD

    J'aime

  2. Jamestine

    Tes deux lectures pourraient m’intéresser car j’aime beaucoup les années 50/60 aux USA et puis La nuit des temps est aussi un roman que j’ai bien aimé. Je note du coup :).

    J'aime

  3. DoloresH

    Sweet Sixteen est vraiment chouette. On l’a mis dans notre sélection pour le prix Jeunesse de la librairie, et je crois que tous les jeunes lecteurs, (comme les libraires) ont été touchés, intéressés, révoltés. Donc, c’est que ça fonctionne !

    J'aime

  4. Caro

    Je viens justement de publier mon avis sur Sweet Sixteen et nous n’avons pas du tout le même, j’ai trouvé que beaucoup de choses n’allaient pas dans ce roman :)

    Et j’avoue que Barjavel ne n’a jamais tentée !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s