Survival is insufficient*

StationElevenNorthAmericaHiRes

Que ce livre est étrange…mais dans le bon sens du terme. Station Eleven m’a retourné l’esprit. J’étais comme déconnectée du monde qui m’entourait lorsque j’avais le nez entre ces pages. Une impression douce-amère ne m’a pas quittée de la première à la dernière page. J’ai même rêvé de ce monde post apocalyptique, c’est pour dire !quote

L’histoire commence lorsque le célèbre acteur Arthur Leander meurt sur scène en interprétant le rôle principal du Roi Lear. Le même soir, le monde plonge dans l’apocalypse. Une épidémie de grippe décime plus de la moitié de la Planète. C’est la fin d’une civilisation, du monde tel que nous le connaissons. Rien ne relie à proprement parlé les deux événements, mais le personnage d’Arthur est le fil rouge du roman. Une vingtaine d’années plus tard, nous retrouvons une troupe de comédiens shakespeariens qui vadrouillent de village en village, pour égayer les derniers survivants. Il y a beaucoup de symboles récurrents dans ce livre. Le chiffre 11. Les tatouages. La biche (voir couverture plus bas). Les pièces de Shakespeare, immortel dramaturge.

« No more Internet. No more social media, no more scrolling through litanies of dreams and nervous hopes and photographs of lunches, cries for help and expressions of contentment and relationship-status updates with heart icons whole or broken, plans to meet up later, pleas, complaints, desires, pictures of babies dressed as bears or peppers for Halloween. No more reading and commenting on the lives of others, and in so doing, feeling slightly less alone in the room. No more avatars. »

Station Eleven ne ressemble à rien de ce que j’ai pu lire jusqu’à présent. Tout d’abord car il est agencé d’une manière particulière: entre présent et passé. Il n’y a pas non plus de personnage principal mais de nombreuses perspectives narratives. Et parce qu’il a réveillé en moi comme une fascination malsaine. Ce n’est pas tant ce qui se passe dans le récit (survivre dans un monde où tout a été réduit à néant, et où des petits groupes armés font leur loi au nom d’un Prophète) mais c’est surtout la nostalgie qui ressort de ces pages. Il y a des flashback qui nous font entrevoir la vie des rescapés (ou non) avant l’apocalypse. Le roman est comme un puzzle. Les pièces se combinent jusqu’à former un tout cohérent. Comme une fresque qui était en arrière plan et qui prend désormais tout son sens. Il faut être attentif et ne pas laisser passer des éléments cruciaux à la compréhension de l’intrigue.

Et que dire de la plume d’Emily ST.John Mandel ? Sublime, exaltante. J’ai parfois lu plusieurs fois certaines phrases comme pour les graver dans mon esprit (faute d’avoir une mémoire photographique, j’ai accolé plein de post-it dedans x). Je suis impressionnée par ce qu’elle est parvenue à faire en partant de l’idée d’écrire un roman post-apocalyptique. Oubliez les zombies, car ici tout parait plausible. Mais l’histoire se concentre davantage sur ses personnages plutôt que sur le contexte de l’action. La réalité sordide de ce nouveau monde est néanmoins évoquée par petites touches, avec subtilité. C’est un roman assez lent, mais on ne s’ennuie jamais. Et il y a quelques notes d’espoir, cette histoire n’est pas totalement pessimiste. 

Vous l’aurez compris, Station Eleven m’obsède, et je pense que je vais y penser encore un certain temps (dans mes rêves surtout). Je ne voulais pas quitter les pages de ce livre. Mais toutes les bonnes choses ont une fin…

Station Eleven de Emily ST.John Mandel (2014)

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Le titre de l’article, est une citation de Star Trek présente dans le roman.*

11 réflexions au sujet de « Survival is insufficient* »

  1. Priscilla

    Wahou ton enthousiasme fait vraiment plaisir à voir ! Et puis ça s’ajoute à toutes les reviews complètement dithyrambiques que j’ai pu lire à son sujet donc je vais vraiment ajouter Station Eleven à ma liste de livres à découvrir sans faute cette année !
    Contente qu’il t’ait autant plu en tout cas ^^

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  2. Matilda

    Tu as même accordé tes post it à la couleur du titre, c’est merveilleux.
    Dis donc c’est l’un des rares romans en plusieurs mois qui me tentent vraiment après que j’ai lu un billet de blog ; je le note donc et j’espère pouvoir le lire en papier, parce que je le sens plus dans ce format-là celui-là tiens.

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    1. Alicia

      Eh oui j’avais la bonne couleur de post it sous la main :P
      J’ai été inexorablement attirée par ce roman à force de le voir sur Goodreads et les chaines YT. J’espère que tu craqueras à ton tour (adopte un exemplaire papier!!).

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  3. Natacha

    « A cause » de toi, je vais bousculer mon programme et lire Station Eleven, une fois ma lecture actuelle terminée !! :P
    Ton enthousiasme fait plaisir =)

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  4. laroussebouquine

    Je n’avais jamais entendu parler de ce livre, mais au vu de ta revue… Il fait vraiment très envie ! D’ordinaire je n’aime pas trop les histoires post-apocalyptiques… Mais là j’aurais bien envie de m’y plonger !

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