Brooklyn • Livre & Film

IMG_20160306_163856Brooklyn fut un des tous premiers livres en anglais que j’ai eu en ma possession, et pourtant, je me suis mise à le lire une semaine seulement avant la sortie de son adaptation ^^’

Eilis, une jeune irlandaise, vit avec sa sœur Rose et sa mère. Elle n’a pas d’avenir professionnel dans sa ville natale, et est poussée à émigrer aux États-Unis où il sera plus facile pour elle de trouver un travail et se construire une nouvelle vie. Eilis quitte tous ses repères, et sa vie de famille unie pour un emploi de vendeuse dans une boutique new-yorkaise.

Le sujet du livre pourrait paraitre conventionnel et déjà-vu (= immigration pendant les années 50), mais c’est écrit avec beaucoup de sensibilité et de réalisme. Colm Toibin décrit la nouvelle existence de son héroïne avec affection et tendresse. Il porte un regard bienveillant sur elle. J’ai même  eu l’impression qu’Eilis, Tony, Jim, Rose (etc..) existaient véritablement et n’étaient pas uniquement des êtres nés de l’imagination de l’écrivain. Toibin n’a pas seulement une jolie plume, il ne fait qu’un avec ses personnages.

tumblr_o369fvOlRY1ueqeo8o7_400Je m’attendais à ce que les histoires de cœur d’Eilis débutent très tôt dans l’histoire, mais ce n’est pas du tout le cas – et ce n’est pas pour me déplaire ! La première partie du récit se déroule en Irlande avant son départ. Elle a le cœur gros, elle n’a pas envie de partir seule à l’autre bout du monde. Après une traversée de l’Atlantique mouvementée (et des incidents quelques peu cocasses x), la voilà débarquée dans une ville cosmopolite où elle doit s’habituer à ce melting pot. C’est vers la centième page environ (sur 246 seulement) qu’une intrigue amoureuse se dessine. Tony et Eilis se rencontrent à une soirée dansante. Cette romance m’a beaucoup plu ainsi que le dilemme auquel Eilin est confrontée. Mais Brooklyn n’est pas qu’un roman sentimental, j’ai aimé qu’il aborde des problématiques que j’ai rarement croisé dans mes lectures jusqu’à présent: le dépaysement, le mal du pays, l’immigration. Le rêve américain et l’exil sont beaucoup moins glamour et idéalisés que ce qu’on a l’habitude de voir et lire à ce sujet. Eilis est sans cesse tiraillée par le doute (rester ou repartir ?), et cela distille un certain suspense car la fin n’est pas du tout évidente à deviner ! Une très belle histoire !

All I can say is that it will pass. Homesickness is like most sicknesses. It’ll make you feel wretched and then it’ll move on to somebody else

Brooklyn de Colm Tóibín (2009) traduit en français sous le même titre

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Il est souvent rare que je trouve une adaptation à la hauteur d’un livre. C’était presque chose inespérée pour ce film, et pourtant j’ai littéralement adoré ! L’actrice (Saoirse Ronan) interprète Eilis exactement de la manière dont je me l’étais représentée. Elle est sensible, discrète, espiègle parfois. C’est vraiment une belle héroïne. Je craignais que le film mette exclusivement en avant le(s) romance(s) au détriment de la réflexion autour de l’exil, mais pas du tout – c’est dosé comme il faut. Je regrette peut être qu’on ne voit pas suffisamment la ville de New-York, ni même beaucoup l’Irlande. Ce qui va suivre va apporter une petite révélation donc ne lisez pas entre les parenthèses si vous ne voulez rien savoir (dans le livre, j’ai été beaucoup plus émue par la romance irlandaise d’Eilis. Les sentiments de Jim m’ont paru beaucoup plus sincères. Dans le film c’est tout le contraire, je voulais qu’elle retourne au plus vite aux Etats-Unis dans les bras de Tony). En plus du jeu subtil de Saoirse Ronan en tête d’affiche, j’ai eu un coup de foudre pour Emory Cohen (Tony, l’italo-Americain) qui m’a fait penser à Marlon Brando jeune ! J’ai tout trouvé juste dans ce film dont l’esthétisme m’a rendue nostalgique de cette époque. La fin m’a fait verser une petite larme même si le film ne tombe jamais dans le mélodrame avec de grandes envolées, et drames à n’en plus finir. Et j’ai déjà une furieuse envie de le revoir !! Edit 18/03: Revu une seconde fois au cinéma, et je pourrais le revoir une troisième, une quatrième fois tellement je l’aime ^^ Désormais un de mes films préférés !! Et la scène finale est…. <3 *larmes aux yeux*

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16 réflexions au sujet de « Brooklyn • Livre & Film »

  1. Camille

    Top d’avoir un double avis roman/film. Le film est agréable à regarder, surtout qu’il ne se limite pas à une simple romance. Contrairement à toi, j’ai beaucoup aimé sa romance irlandaise ! La lecture en VO est comment ? Tu l’as conseillerai à une débutante ? :)

    Aimé par 1 personne

    1. Alicia

      Si tu as aimé la romance irlandaise dans le film, tu l’apprécieras davantage dans le livre j’en suis sûre !
      La lecture en anglais n’est pas très difficile. Il est classé « Level 2 Reading Ease » sur un site sachant que 1 est le niveau le plus aisé, et 5 le plus difficile. Tu peux lire les premières pages sur Amaz*n US ^^

      Aimé par 1 personne

    1. Alicia

      Ca dépend si on est adepte de lire le bouquin avant de voir son adaptation, ou bien qu’on trouve que lire le livre ensuite permet de porter un regard nouveau sur l’histoire ! Moi je préfère la plupart du temps la première méthode, mais dans ce cas là les deux sont très bons ^^

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  2. LaFrousse

    Tu m’as donné envie de lire le livre ET de voir le film ! Cela m’a donné la même impression avec La couleur des sentiments, j’ai trouvé que le roman et le long-métrage se complétaient.

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  3. Eilys

    Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de foudre pour un livre…

    Je me suis installée à New York il y a quelques mois, juste avant la sortie du film aux États-Unis : je me suis précipitée pour le voir rien que pour Saoirse Ronan, sans avoir la moindre idée de ce dont il s’agissait, et je n’ai pas été déçue. Puis j’ai enfin trouvé le temps de lire le roman le mois dernier, et il m’a transportée encore plus que le film, car il est beaucoup plus détaillé et complet, évidemment (l’analyse de l’adaptation pourrait faire l’objet de tout un autre commentaire stand-alone).

    Ce que je retiens surtout, c’est à quel point j’ai pu m’identifier à Eilis. À part la traversée de l’Atlantique (qui m’a pris 8 heures au lieu de 8 jours), je me suis retrouvée dans toutes les expériences qu’elle vit au cours de l’histoire : la complexité des procédures d’immigration, la désorientation des premiers jours, **ne pas trouver de bon pain et trouver que le lait et le beurre ont un drôle de goût !! (c’est 100 % vrai)**, le fait que sa famille lui manque et que parfois elle ne se sent pas du tout à sa place dans cette ville de fous… Au final, une lecture qui a sans doute été cathartique pour moi, car (coïncidence ?) depuis que je l’ai terminée, je me plais de plus en plus dans ma nouvelle vie ^^

    Une citation qui a touché une corde très sensible chez moi :
    « [Tears] would not be needed. What she would need to do in the days before she left and on the morning of her departure was smile, so that they would remember her smiling. »

    Aimé par 1 personne

    1. Alicia

      Merci beaucoup pour votre témoignage ! C’est en effet un magnifique livre et j’imagine que sa portée est encore plus forte lorsqu’on vit le même déracinement qu’Eilis ! Profitez bien de votre nouvelle vie aux Etats-Unis ^^

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  4. Ping : Instants de mars – ifmarybooks

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