« J’ai laissé fille, femme et fol, oublié les seigneurs abrités ! Aujourd’hui je file en Extrême-Amont, à mon rythme de tortue »

horde

La Horde du Contrevent est un de ces livres de science-fiction qui ne semble recevoir que des éloges. Au fil des années, j’ai vu de nombreuses personnes avec un exemplaire de ce roman dans les mains dans les transports. Je le croisais aussi régulièrement sur les étales des librairies. La curiosité a été plus forte que moi fin juillet ! Oui j’ai mis plus d’un mois à le terminer car j’ai rarement été confrontée à une lecture aussi exigeante – une lecture personnelle j’entends, pas une lecture imposée à l’école/fac. Alain Damasio est un auteur prolifique. Sur 700 pages, il se lance dans la description d’un univers des plus originaux. Il réinvente même l’écriture: ses personnages sont désignés par un symbole. Si ces symboles nous embrouillent au début – un marque-page fourni avec le livre nous permet de vérifier quel est le personnage qui prend la parole – rapidement ils nous deviennent familiers grâce à leurs particularités de langage, et le marque-page devient inutile. C’est cela que je trouve le plus incroyable avec La Horde du Contrevent: une fois le dépaysement passé, nous faisons partie intégrante de ce Monde et de cette horde de 23 personnages en quête des neuf formes différentes de vent et de l’Extrême-Amont jamais atteinte. C’est un véritable périple que l’on vit avec eux. Parmi cette myriade de personnages que l’on apprend à connaitre au fil de l’histoire, nous avons bien sûr nos préférés – ceux qui sortent du lot de par leur personnalité et leur prestance. Nous devinons aussi que tous ne sortirons pas indemnes de cette expérience périlleuse, que le compte à rebours a commencé. 

Les membres de la horde se connaissent depuis plus de trente ans, ils ont été jetés dès l’enfance dans cette quête dangereuse. Chacun a son rôle dans cette grande “famille”. L’un est troubadour, l’autre traceur, scribe, guérisseuse, artisan (…). Ce roman est d’une richesse incroyable ! Cette richesse et le talent de l’auteur n’empêchent pas que j’ai trouvé certains passages un peu trop longs – si bien que j’ai parfois sauté quelques pages vers la fin du livre. J’ai lu sur internet, que le dénouement est jugé prévisible par beaucoup de personnes, et qu’il était possible de le deviner très tôt. Je n’ai pas eu cette impression ! Il m’a fallu un moment pour comprendre la signification de cette scène, et finalement je la juge à la fois géniale et frustrante !

Je ne suis pas une grande connaisseuse de SF mais je ne pense pas me tromper en affirmant que La Horde du Contrevent est un roman atypique et extrêmement travaillé. C’est une lecture qui se mérite – il m’a fallu 100 pages avant de parvenir à entrer vraiment dedans – et qui prend du temps. Je n’ai pas tout saisi à ses complexités, à sa dimension métaphysique qui m’a parfois ennuyée. Mais ce fut un moment de lecture inédit que je suis contente de l’avoir entreprise !

La Horde du contrevent d’Alain Damasio (2004) – 700 pages. Lu du 25 juillet au 1er septembre.

5 réflexions au sujet de « « J’ai laissé fille, femme et fol, oublié les seigneurs abrités ! Aujourd’hui je file en Extrême-Amont, à mon rythme de tortue » »

  1. Matilda

    J’en ai aussi beaucoup entendu parler et dut un temps il faisait même parti de ma PAL, mais je n’ai jamais été assez tenté pour le lire XD Je sens qu’il faudra que je me m’y mette un jour après toutes ces éloges, mais la question est quand.

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