De Baltimore à Marseille

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Le début de ma lecture du Livre des Baltimore remonte à fin mars – je n’ai quasiment pas lu en avril en raison de mon voyage. C’est finalement le dernier jour du mois, que j’ai enfin tourné la dernière page de ce bestseller.  Et il m’a fait beaucoup moins bonne impression que La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert également de Joël Dicker, lu en 2012.

Les Baltimore sont une famille américaine modèle – elle m’a rappelée celles trop souvent croisées dans des séries TV. Celles qui ont peu de relief mais qui sont caractérisées par le fait d’être riches et talentueuses. Sur près de six cents pages, nous suivons les moments de gloire, d’éclats des Baltimore jusqu’à une série d’évènements dramatiques qui les plongera dans la déchéance et l’oubli. C’est grâce à la plume de Marcus – le cousin écrivain – que cette fresque familiale nous est narrée. Marcus raconte son enfance auprès de ses cousins originaires de Baltimore. C’est une jeunesse heureuse, choyée. Tous les étés, il les retrouvait avec délectation – il rêvait d’avoir son oncle Saul et sa tante Anita pour parents car ils représentaient pour lui la réussite incarnée.

Joël Dicker use et abuse de superlatifs pour décrire cette famille et ça m’est vite devenu agaçant. J’ai rarement croisé autant de personnages décrits comme parfaits en tous points – et dont les qualités nous sont répétées à moult reprises au cas où nous les oublierions. Cela s’explique certainement par le fait que c’est à travers les yeux de Marcus que nous les percevons et qu’il les vénère « Hillel et moi voulions être comme Woody. Il était un dieu du sport: le meilleur athlète qu’il m’ait été donné de voir. Il aurait pu réussir une carrière dans n’importe quelle discipline : il boxait comme un lion, il courait comme une panthère, il excellait en basket-ball et vénérait le football. » (page 289).

Dès les premières pages et les phrases d’anticipation qui se multiplient dans le récit (« Ils avaient été bénis par les dieux. Longtemps, je crus qu’il ne leur arriverait jamais rien. Longtemps, je crus qu’ils seraient éternels » page 29), nous savons qu’un Drame se meut en arrière-plan et que cette histoire parfaite au commencement se terminera mal. C’est un procédé que l’on trouve dans beaucoup de romans, mais j’ai trouvé ici que c’était employé de manière poussive et répétitive. Il y a trop de sauts entre l’époque actuelle et le passé.

Je ne rejette pas totalement l’intrigue et ses personnages – l’auteur sait nous les rendre attachants malgré tout, et nous surprendre jusqu’à la fin. Ce roman est efficace car une fois bien aux prises avec l’histoire, on tourne les pages avec intérêt ! Cependant, je ne le qualifierai pas de transcendant.. Peut être est-ce parce que ma lecture a trainé sur plus d’un mois, mais je ressors de cette lecture soulagée en quelque sorte. Elle a été longue.

Le Livre des Baltimore de Joel Dicker (2015)

*

J’avais besoin d’une lecture moins dense, et c’est en tombant sur le dernier article de Marie que je me suis dit qu’une pièce de théâtre de Marcel Pagnol pourrait faire l’affaire ! Je n’avais jamais rien lu de lui jusqu’à présent bien que je connaisse – je ne sais comment, certains passages phares de son oeuvre.
Je suis sortie charmée par le premier volume de cette histoire toute simple mais émouvante ! C’est dans un bar face au Vieux-Port que se déroule l’action. César est le patron, et emploie son fils Marius. Chaque jour, beaucoup d’habitués viennent s’asseoir au comptoir. Il y a entre autres Honorine et sa fille Fanny. Fanny et Marius se connaissent depuis leur plus jeune âge, et se vouent un amour secret. Un autre amour tout aussi puissant anime Marius : celui de la Mer, et il rêve de partir découvrir le Monde plutôt que de servir des verres toute sa vie. Il y a des scènes mythiques : la fameuse partie de cartes avec la réplique  « Tu me fends le coeur » ou la déclaration d’amour des deux jeunes gens. Les personnages de Pagnol ont beaucoup de caractère et de prestance : à l’image de César, ce père à la fois bougon et tendre avec son fils. Leur relation est magnifique tout comme le sacrifice final de Fanny pour Marius ! J’ai beaucoup aimé le premier volet de la trilogie Marseillaise de Pagnol qui a un charme désuet (le livre date de 1929 !), des répliques drôlissimes*, et une atmosphère provençale.

* »Quand on fera danser les couillons tu ne seras pas à l’orchestre »

Marius de Marcel Pagnol (1929)

*

PS: J’ai également lu sur ma liseuse dernièrement « Vinegar Girl » d’Anne Tyler, une réintéprétation moderne de la Mégère Apprivoisée de Shakespeare. J’ai trouvé les protagonistes et leurs manières de se comporter totalement originaux ! Les 2/3 du roman sortent des sentiers battus. Mais une fois que l’héroïne devient effectivement plus docile et ‘apprivoisée’, l’intrigue devient moins fun. Mais globalement c’était pas mal ! Le livre n’est pas encore paru en français par contre.

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4 réflexions au sujet de « De Baltimore à Marseille »

  1. ifmarybooks

    Mon mère aussi a moins aimé Le livre des Baltimore par rapport à L’affaire Harry Quebert. Par contre je ne sais pas si tu as lu son autre livre Les derniers jours de mon père. Je l’ai acheté pour la bibliothèque où je travaille et je pense le lire bientôt. Mon père à adoré !

    Oooooh tu me donnes tellement envie de lire Marcel maintenant ! J’adooore Pagnol chaque été j’essaye de relire un de ses romans mais je n’ai jamais lu ses pièces de théâtre. Je l’emprunterai la prochaine fois à la bibliothèque ! Tu devrais regarder le film et me donner ton avis :).

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  2. La chèvre grise

    Aaaah Pagnol, je l’ai lu dans la même collection que toi. J’avais beaucoup aimé et le livre, et les films.
    Quant au « Livre des Baltimore » il est dans ma PAL, j’attends que le brouhaha de sa sortie s’estompe pour le lire plus sereinement. J’avais beaucoup aimé le précédent.

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  3. Ping : MISCELLANÉES DE LA SEMAINE #5 – Easy come easy go~

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