“Better never means better for everyone… It always means worse, for some.”

P1030684La servante écarlate est un roman déroutant. A l’époque où je lisais beaucoup de dystopies young-adult dont beaucoup décevantes – j’aurais mieux fait de me pencher sur ce roman de Margaret Atwood ! Ecrit en 1985, il est considéré pour beaucoup comme un MUST READ – un contemporain devenu un classique depuis sa sortie. Ces derniers temps, il est de nouveau sous le feu des projecteurs et beaucoup de nouveaux lecteurs le redécouvre. Il fait écho aux inquiétudes de notre époque. Aux Etats-Unis, lire ce livre est même devenu un symbole de résistance face à un Trump qui ne respecte pas les femmes et leurs droits. Dans cette fiction, elles sont devenues esclaves, inconsidérées. La société est à présent totalitaire, l’Eglise est au commande et fait sa loi. De plus, une grande partie de la population féminine est infertile suite à une catastrophe naturelle. Les Servantes Ecarlates sont les seules à pouvoir jouer un rôle de reproduction afin d’accroitre la natalité. L’héroïne, Defred, est placée pour la seconde fois chez un couple, issu de l’élite, dans le seul but d’être fécondée par le mari…

Ce roman est âpre. Le style distant, impersonnel accentue ce sentiment de malaise. Le récit est malin car il nous fait nous poser la question « et si ? ». Et si demain, la réalité décrite dans ce roman redevenait la norme ? Et si nous, femmes, perdions tous nos droits sous la dominance des Hommes ? Ces questions pourront paraitre ridicules pour certains – mais aujourd’hui il y a encore du chemin à parcourir pour l’égalité parfaite Homme/Femme dans le Monde ! Ici, les femmes ne peuvent plus s’habiller comme elles le souhaitent. Elles n’ont plus le droit de travailler, et sont contraintes de rester au foyer. La peur, la délation, la persécution sont la règle. Les médecins qui ont pratiqué des avortements dans le passé sont pendus, les homosexuels aussi… Toute personne ayant des idées opposées au régime et qui le fait savoir est déportée dans les Colonies ou bien assassinée. Ce qui est d’autant plus difficile dans cette lecture, c’est que nous sommes placés du point de vue de Defred. Elle a souvent des réminiscences de sa vie antérieure – de la liberté qu’elle avait alors. Porter un mini-short, embrasser quelqu’un dans la rue (…) étaient des choses acquises. Jamais il n’aurait été envisageable de revenir sur des droits aussi fondamentaux. C’est une claque que l’on se prend lorsque Defred retourne à sa dure réalité. C’est une lecture très forte – qui obsède et qui reste en mémoire. Depuis que j’ai refermé ce livre – voilà plus d’une dizaine de jours, il n’y a pas eu un jour sans que je m’en remémore un passage !

Si vous ne le savez pas, une série a été produite cette année. Je n’ai regardé que le pilot pour le moment donc je ne peux pas encore en juger la qualité. Mais en tout cas, si le livre croise votre chemin, je vous encourage à le lire ^^

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Une réflexion au sujet de « “Better never means better for everyone… It always means worse, for some.” »

  1. manonanywhere

    J’ai également lu La servante écarlate cet été et je me retrouve complètement dans ta chronique. Très perturbant et très réaliste sur la possibilité d’une telle société. Je crois avoir lu que l’auteure s’est inspirée de doctrines ou de pratiques déjà exercées par l’homme au fil des siècles dans le monde entier et qu’elle n’a presque rien inventé de peur qu’on lui reproche d’avoir donné des idées noires ou d’inspirer un gouvernement totalitaire. Cette précision fait froid dans le dos et renforce cette fameuse question « et si »?
    La série est vraiment très bien! Elle dépasse même le roman puisqu’elle ne se limite pas au regard de Defred et propose des aspects très intéressants qui ne sont pas évoqués dans le roman, je crois d’ailleurs que Margaret Artwood participe au scénario. Et Elizabeth Moss est fantastique !
    A bientôt :)

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