Evolution d’une lectrice

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Aujourd’hui, je reviens avec un article pour vous parler de la manière dont mon rapport aux livres à évoluer depuis que je tiens ce blog.

Phase 1:  La soif de posséder
Il fut un temps, pas si lointain que cela, lors de mes années de licence où j’achetais à foison des livres – majoritairement d’occasion à Gibert Joseph, Book-Off, sur des brocantes, ou neufs en librairies, The Book Depository et salons du livre. D’ailleurs je m’étonne aujourd’hui des sommes gigantesques que j’ai pu dépenser alors même que j’étais étudiante sans revenu (à part ma rémunération de stage en L3 et emplois saisonniers l’été). A cette époque je n’arrivais pas à me restreindre – là où je voyais une bonne affaire je me ruais dessus. J’étais dans ma période très orientée lectures Young Adult et jeunesse. Il est vrai que je lisais beaucoup plus qu’à présent – mais pas assez pour écouler la dizaine voire la vingtaine d’ouvrages qui rejoignaient ma Pile à Lire chaque mois.

Je recevais à cette époque des services presse envoyés par différents éditeurs – et je l’avoue aujourd’hui : j’étais heureuse de recevoir « gratuitement » des ouvrages pour compléter ma collection et étoffer toujours plus mes étagères. Rapidement, j’ai déchanté car je devais lire la plupart du temps des livres que je n’avais pas choisi de mon plein gré et par respect pour les éditeurs, je me forçais à les lire le plus rapidement possible pour rédiger un avis positif ou négatif sur le blog. En prenant du recul, ce fut une erreur. Sur le moment j’étais ravie de ce « privilège de blogueuse » mais je ne lisais plus par plaisir – un peu comme les lectures imposées lors de ma scolarité. Je recevais certes des livres gratuitement – mais à quoi bon au final ?

Entre 2010 et 2013, j’ai consommé pratiquement que des lectures Young Adult comme dit plus haut, et en licence 3 de Lettres Modernes-Edition, j’ai été amenée à faire un stage au sein du département jeunesse d’une maison d’édition. Ce fut une expérience que j’ai trouvé hautement gratifiante et intéressante – bien que brève (3 mois). Au cours de ce stage, j’ai lu beaucoup de manuscrits et je devais ensuite donner mon point de vue à l’éditrice sur les éléments positifs ou négatifs, et sur ce que cette histoire pourrait apporter de nouveau au paysage littéraire jeunesse etc.. J’avais d’autres missions, mais une grande partie de mon travail se résumait à cela. En trois mois de temps, j’ai certainement lu plus d’une trentaine de textes (la grande majorité oubliée depuis belle lurette) – mais je ne lisais plus du tout pour MOI. Pour des raisons financières, j’ai prolongé ma collaboration avec cette maison d’édition en tant que lectrice indépendante pendant 8 ou 9 mois je crois. Je recevais jusqu’à deux livres par semaine et j’avais généralement une dizaine de jours pour faire un retour à l’éditrice. En plus de cela je continuais à recevoir quelques services presse. En y repensant, ça a été une période de grande frustration car lorsque je lisais, je devais toujours avoir à l’esprit la manière dont j’allais devoir en parler ensuite. Lire c’était travailler.

Phase 2: La prise de conscience
Je me suis faite la réflexion que la lecture devait rester une activité de plaisir – et non pas de contrainte. Je ne regrette pas cette expérience de lectrice, ni mon stage, mais j’ai réalisé que je ne souhaitais pas travailler dans ce milieu, que je voulais rester une lectrice lambda en dehors de la machine « édition ». C’était vraiment bien d’en découvrir les ficelles, mais je ne souhaitais pas y faire ma carrière. De plus, arrivé un moment, je n’avais plus du tout envie de lire de romans dits pour « jeunes adultes » donc j’ai arrêté mon travail auprès de la maison d’édition en question. Pendant plus de 3 ans, j’avais délibérément délaissé les romans classiques, historiques, contemporains (j’en lisais encore mais ça représentait un pourcentage infime par rapport au reste!), et en 2014 ça commençait à franchement me manquer. Si j’avais fait quelques bonnes découvertes en lisant des livres YA, je ne pouvais m’empêcher de trouver le style d’écriture souvent trop peu consistant et recherché à mon goût. J’avais l’impression de tourner en rond au fil de mes lectures. Attention, je ne dénigre pas les romans de ce genre, ni les personnes qui en lisent ! C’est simplement que moi – à ce moment là, je n’ai plus eu envie d’en lire.

Phase 3: Le grand ménage
Il s’est alors posé le problème des nombreux ouvrages accumulés en masse. J’ai eu envie de pleurer face à autant de « gâchis » d’argent. Un bon tiers de ma Pile à lire ne correspondait plus à mes envies de lecture. Je possédais énormément de grands formats car à l’époque je trouvais que cela rendait mieux sur mes étagères et puis je voulais l’ouvrage maintenant-tout de suite pour finalement le lire 2 ans après … ou jamais. J’ai aussi acheté des ouvrages car je trouvais la couverture jolie sans trop porter d’attention au résumé…
Je me suis donc retrouvée avec une bonne centaine d’ouvrages dans ma PAL qui n’étaient plus à mon goût. Même sur mes étagères de livres lus, je gardais par habitude tous mes livres même ceux que je n’avais pas aimés. C’est depuis à peu près 1 an et demi que j’ai changé ma manière de penser : je ne ressens plus le besoin d’accumuler les objets « parce qu’un jour peut être je pourrais les (re)lire/m’en servir ». Dans un premier temps, je me suis séparée de tous ces livres qui ne m’avaient pas fait une bonne impression, puis de ceux dans ma PAL dont le synopsis ne m’intéressait plus. Par exemple, je lisais beaucoup de dystopies – puis j’ai trouvé ce genre trop répétitif. J’ai tout d’abord sondé les personnes de mon entourage pour savoir si ça pouvait en intéresser certaines. Puis j’en ai revendu une bonne partie à Gibert Jeune. Les invendus ont été donnés aux Emmaüs. C’est ainsi que je suis passée d’une pile avoisinant les 600 ouvrages à la moitié (et moins que la moitié à l’heure actuelle).
Ce trop plein de livres m’oppressait ! Cette purge de ma PAL a été bénéfique pour pouvoir me recentrer, et mieux me rendre de compte des genres littéraires qui me tentaient le plus !

Phase 4:  Ma nouvelle relation avec les livres
Il fut un temps où la bibliothèque gigantesque de la Bête dans le dessin animé la Belle et la Bête me faisait baver d’envie. Ou bien celles en arrière plan sur les vidéos des Booktubers. Ce n’est plus le cas. Certes une bibliothèque bien remplie a toujours du charme à mes yeux, mais si celle-ci reflète réellement les goûts de la personne qui la détient.
Pour moi trop de choix, tue le choix. Je prévois d’ailleurs un nouveau tri de mes étagères car je constate qu’il y a encore beaucoup de surplus. Je suis loin, très loin d’être minimaliste car je reste attachée à beaucoup de choses matérielles qui m’entourent. Cependant – ayant l’intention de bientôt prendre mon envol et déménager de chez mes parents, je sais très bien que je devrais vivre dans petite surface (si j’ai 25m2 ça serait déjà très bien haha) et qu’il faudra donc que je me limite à mes « essentiels ». Limiter ma possession de livres ne veut en aucun cas dire renier mon attachement pour eux. Mes livres favoris ne me quitteront pas !

Alors qu’avant je préférais acheter plutôt qu’emprunter, c’est désormais l’inverse ! Certes, je devrais déjà m’occuper de faire baisser le nombre de livres dans ma PAL plutôt qu’emprunter à ma médiathèque ^^’ mais pour les nouveautés qui me font de l’œil, mon premier réflexe est de consulter le catalogue et de réserver l’ouvrage auprès des bibliothécaires si ils l’ont ! (Mon Kindle est aussi toujours un allié !)
Je n’ai pas acheté de livres depuis un moment. Les derniers en date étaient Lectures intimes de Virginia Wolf et Journal de Gide. Le premier car ma bibliothèque ne le possédait pas. Le second était une ancienne édition à moindre coût. Une fois lus, il n’est pas dit qu’ils resteront indéfiniment sur mes étagères. J’ai pris une certaine distance vis à vis de mes livres mais également de mes vêtements, jouets de mon enfance, DVD… J’étais un vrai petit écureuil qui accumulait les possessions auparavant – je le suis encore un peu c’est vrai, mais mes réserves ont beaucoup diminuées :p

Depuis que je travaille (pas dans l’édition vous l’aurez compris héhé), j’ai malheureusement moins de temps à consacrer à la lecture mais les livres que je décide d’ouvrir résultent désormais d’un choix personnel !
Et autre point qui a changé: je ne me considère plus comme une blogueuse littéraire comme autrefois – où je chroniquais CHACUNE de mes lectures. J’ignore comment j’étais capable de faire cela.. en tout cas, je ne le pourrais plus à présent et ma nouvelle manière de bloguer me satisfait mieux même si elle n’est plus axée uniquement sur la littérature.

Bref, tout cela pour dire que j’ai vu un changement assez net s’effectuer ces dernières années dans ma façon d’appréhender mes lectures et de gérer mes bibliothèques ^^
Et vous, quel genre de lecteurs êtes-vous ? 

MISCELLANÉES DE LA SEMAINE #5

P1180296Rubrique fourre-tout regroupant des détails pèle-mèle de mon quotidien. Une manière de garder une trace de ces petits moments de joie, de gratitude ou de déception, de découvertes et d’évènements. 

Concert dément du chanteur californien Nick Waterhouse – que j’ai connu grâce à la programmation toujours de qualité de FIP. Je ne crois pas qu’il soit encore très connu en France car j’ai réussi à avoir des places de concert le matin pour le soir même. C’est un chanteur de Rhythm&blues, de jazz et rock. Il a mis une ambiance de tonnerre dans cette petite salle « La Maroquinerie » (Paris 20) qui promet des concerts très intimistes à quelques mètres des artistes. Tout le monde dansait, c’était génial ! Je vous invite à écouter quelques unes de ses chansons: Say I wanna know (1ere piste) ; I can only give you everything ; Katchi ; L.A. TurnaroundHolly.  S’il revient à Paris, je retournerai le voir bien volontiers !

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• Découvrir toujours plus de lieux magnifiques à Paris. Le week-end dernier, par 30 degrés j’ai visité la Grande Mosquée de Paris – le patio est totalement dépaysant et j’ai cru un instant avoir changé de pays :) Puis j’ai déambulé à la « campagne » dans le 20eme arrondissement – rue Irenée Blanc. C’est un lieu paisible avec tous ces pavillons fleuris – ce sont des chanceux les parisiens qui habitent là ^^

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• J’ai terminé la Trilogie Marseillaise de Pagnol avec un pincement au coeur. Je vous parlais du premier opus Marius dans ce billet – et j’ai été charmée jusqu’au bout, ainsi que mélancolique dans le dernier tome, César, lorsque 20 ans se sont écoulés. Je vais me répéter mais la prose de Pagnol est belle, touchante, drôle. Ca a beau être une pièce de théâtre, on a la sensation de connaitre parfaitement tous les protagonistes au fil des pages. Je retiendrai surtout l’amour filial qui unit Marius et César, et Panisse et Césariot. Dans la foulée, j’ai regardé le film réalisé par Daniel Auteuil et bien qu’un peu lisse dans sa réalisation, j’ai beaucoup apprécié le jeu sincère des acteurs.

15901397-sur-le-tournage-de-dix-pour-cent-saison-2• La dernière série que j’ai visionné et apprécié est.. française. A part Kaamelott, Fais pas çi fais pas ça et les Petits meurtres d’Agatha Christie, je regarde peu de séries françaises – peut être à tort. J’ai donc regardé la saison 1 de Dix pour cent et j’ai beaucoup aimé la fraicheur qu’elle apporte. L’histoire se déroule dans une agence d’agents d’acteurs-actrices. Le pitch de chaque épisode est bien accrocheur, c’est bien réalisé, les acteurs sont tops. Vivement la saison 2 sur Netflix !

Bonne semaine !

Joies simples.

Quand le moral n’est pas vraiment là, il fait bon de s’attacher à des petits détails plaisants du quotidien. C’est grâce à ces plaisirs simples que l’on reprend goût à la vie petit à petit. Certes, ça ne fait pas oublier la réalité, la tristesse et la peine mais ces choses anodines font du bien !

Mes petits plaisirs

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Rien de tel que d’adopter des plantes vertes, et des fleurs et de s’en occuper ! J’ai la chance chez mes parents d’avoir une grande terrasse avec des balconnières que nous remplissons de fleurs à chaque printemps. Quand j’étais plus jeune, je n’éprouvais aucun intérêt pour le jardinage – j’ai depuis changé radicalement d’avis sur la question. Jardiner est une activité tellement paisible, « déconnectée » de tout. Assister à la croissance d’une plante, à ses changements saisons après saisons, c’est merveilleux !
C’est un plaisir de parcourir les quais juste à côté de mon travail en temps ensoleillé et remonter jusqu’au Marché aux Fleurs pour en parcourir les allées. Cette semaine, j’ai acheté un nouveau piléa pépéromioïdes (Photo 3). Mon premier pied que j’ai depuis bientôt un an est devenu bien robuste ! Mais j’ai craqué pour ce bébé piléa qui j’espère deviendra grand lui aussi !

P1020298Tombée sous le charme des illustrations de la boutique Etsy All The Ways to Say. Si bien que j’ai commandé deux cartes. Celle-ci « Take Time to Chill » représente mon idéal d’intérieur (avec en plus des bibliothèques quand même !). Vous pouvez apercevoir la seconde carte, derrière mon Piléa (Photo 3).

P1020309P1020308P1020301Le Japon me parait déjà loin… Heureusement plein de souvenirs peuplent mes étagères comme autant de piqures de rappel :)

P1020321P1020326 copieJe pourrais passer des heures à regarder d’anciennes photos de famille bien que cela me rende nostalgique. Profondément nostalgique même car la plupart de ces personnes ne sont plus parmi nous à présent et que pour certaines, leur absence est toujours douloureuse. Ces moments de vie volés m’émeuvent aussi ! J’aimerais pouvoir me transporter à ces époques. J’espère qu’une invention future nous le permettra hihi

P1020306P1020328 copieLire ! Si j’ai eu une petite baisse de rythme ces derniers mois, j’ai retrouvé pleinement l’envie de dévorer des livres ! Je viens de terminer La Chambre Ardente de John Dickson Carr, un roman datant de 1937. C’est un des tous premiers livres à avoir rejoint ma Pile à Lire à l’ouverture de mon blog en 2009 ! Il m’a fallu du temps pour l’en sortir, et finalement j’ai beaucoup aimé ^^ Le récit est un mélange de policier et de fantastique. Moi qui adore les huis-clos, j’ai été servie car il n’y a pas 1 mais 2 énigmes en chambre close. La chose étonnante dans cette histoire est la part de surnaturel (sorcellerie et réincarnation) – c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce roman a été controversé à sa sortie. J’ai très envie de lire d’autres ouvrages de cet auteur américain !
Je me suis enfin décidée à plonger dans l’oeuvre de Virginia Woolf – non pas à travers sa fiction mais par ses nombreux journaux. J’aimerais tellement pouvoir mettre la main sur son journal intégral qui court de 1915 à 1941, mais il n’est plus édité et impossible de le trouver d’occasion, ni à la bibliothèque.. Je vais donc commencer par ses chroniques littéraires « Lectures intimes » puis son Journal d’adolescence

chalamovMise à jour: Je viens de terminer un essai de 50 pages qui se dévore en un rien de temps. Varlam Chalamov est un auteur russe qui a passé la majorité de sa vie détenu dans des Goulag – lieux dans lesquels il n’a pas pu assouvir pleinement sa passion pour la lecture née très jeune chez lui. Les livres sur lesquels il parvient à mettre la main sont donc autant d’ouvrages précieux. Les bibliothèques de fortune, ou de villages sont des endroits qu’il affectionnait particulièrement. Il y a de belles réflexion sur notre rapport aux livres: « Les livres sont des êtres vivants. Ils peuvent nous décevoir, nous distraire. Notre âge nous dicte nos goûts, il limite et focalise notre perception. Selon les différentes époques de notre vie, nous cherchons et nous trouvons des choses différentes dans le même roman. (…) Les livres sont ce que nous avons de meilleur en cette vie, ils sont notre immortalité ».
Une brève mais belle découverte !

Voici les petits détails de mon quotidien qui m’égayent en ce moment :) 

De Baltimore à Marseille

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Le début de ma lecture du Livre des Baltimore remonte à fin mars – je n’ai quasiment pas lu en avril en raison de mon voyage. C’est finalement le dernier jour du mois, que j’ai enfin tourné la dernière page de ce bestseller.  Et il m’a fait beaucoup moins bonne impression que La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert également de Joël Dicker, lu en 2012.

Les Baltimore sont une famille américaine modèle – elle m’a rappelée celles trop souvent croisées dans des séries TV. Celles qui ont peu de relief mais qui sont caractérisées par le fait d’être riches et talentueuses. Sur près de six cents pages, nous suivons les moments de gloire, d’éclats des Baltimore jusqu’à une série d’évènements dramatiques qui les plongera dans la déchéance et l’oubli. C’est grâce à la plume de Marcus – le cousin écrivain – que cette fresque familiale nous est narrée. Marcus raconte son enfance auprès de ses cousins originaires de Baltimore. C’est une jeunesse heureuse, choyée. Tous les étés, il les retrouvait avec délectation – il rêvait d’avoir son oncle Saul et sa tante Anita pour parents car ils représentaient pour lui la réussite incarnée.

Joël Dicker use et abuse de superlatifs pour décrire cette famille et ça m’est vite devenu agaçant. J’ai rarement croisé autant de personnages décrits comme parfaits en tous points – et dont les qualités nous sont répétées à moult reprises au cas où nous les oublierions. Cela s’explique certainement par le fait que c’est à travers les yeux de Marcus que nous les percevons et qu’il les vénère « Hillel et moi voulions être comme Woody. Il était un dieu du sport: le meilleur athlète qu’il m’ait été donné de voir. Il aurait pu réussir une carrière dans n’importe quelle discipline : il boxait comme un lion, il courait comme une panthère, il excellait en basket-ball et vénérait le football. » (page 289).

Dès les premières pages et les phrases d’anticipation qui se multiplient dans le récit (« Ils avaient été bénis par les dieux. Longtemps, je crus qu’il ne leur arriverait jamais rien. Longtemps, je crus qu’ils seraient éternels » page 29), nous savons qu’un Drame se meut en arrière-plan et que cette histoire parfaite au commencement se terminera mal. C’est un procédé que l’on trouve dans beaucoup de romans, mais j’ai trouvé ici que c’était employé de manière poussive et répétitive. Il y a trop de sauts entre l’époque actuelle et le passé.

Je ne rejette pas totalement l’intrigue et ses personnages – l’auteur sait nous les rendre attachants malgré tout, et nous surprendre jusqu’à la fin. Ce roman est efficace car une fois bien aux prises avec l’histoire, on tourne les pages avec intérêt ! Cependant, je ne le qualifierai pas de transcendant.. Peut être est-ce parce que ma lecture a trainé sur plus d’un mois, mais je ressors de cette lecture soulagée en quelque sorte. Elle a été longue.

Le Livre des Baltimore de Joel Dicker (2015)

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J’avais besoin d’une lecture moins dense, et c’est en tombant sur le dernier article de Marie que je me suis dit qu’une pièce de théâtre de Marcel Pagnol pourrait faire l’affaire ! Je n’avais jamais rien lu de lui jusqu’à présent bien que je connaisse – je ne sais comment, certains passages phares de son oeuvre.
Je suis sortie charmée par le premier volume de cette histoire toute simple mais émouvante ! C’est dans un bar face au Vieux-Port que se déroule l’action. César est le patron, et emploie son fils Marius. Chaque jour, beaucoup d’habitués viennent s’asseoir au comptoir. Il y a entre autres Honorine et sa fille Fanny. Fanny et Marius se connaissent depuis leur plus jeune âge, et se vouent un amour secret. Un autre amour tout aussi puissant anime Marius : celui de la Mer, et il rêve de partir découvrir le Monde plutôt que de servir des verres toute sa vie. Il y a des scènes mythiques : la fameuse partie de cartes avec la réplique  « Tu me fends le coeur » ou la déclaration d’amour des deux jeunes gens. Les personnages de Pagnol ont beaucoup de caractère et de prestance : à l’image de César, ce père à la fois bougon et tendre avec son fils. Leur relation est magnifique tout comme le sacrifice final de Fanny pour Marius ! J’ai beaucoup aimé le premier volet de la trilogie Marseillaise de Pagnol qui a un charme désuet (le livre date de 1929 !), des répliques drôlissimes*, et une atmosphère provençale.

* »Quand on fera danser les couillons tu ne seras pas à l’orchestre »

Marius de Marcel Pagnol (1929)

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PS: J’ai également lu sur ma liseuse dernièrement « Vinegar Girl » d’Anne Tyler, une réintéprétation moderne de la Mégère Apprivoisée de Shakespeare. J’ai trouvé les protagonistes et leurs manières de se comporter totalement originaux ! Les 2/3 du roman sortent des sentiers battus. Mais une fois que l’héroïne devient effectivement plus docile et ‘apprivoisée’, l’intrigue devient moins fun. Mais globalement c’était pas mal ! Le livre n’est pas encore paru en français par contre.