« The person, be it gentleman or lady, who has not pleasure in a good novel, must be intolerably stupid. »

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Ma première découverte de l’oeuvre de Jane Austen remonte désormais à plusieurs années (à 2009 exactement !) – et j’ai envie de me lancer comme défi de relire tous ses romans mais aussi d’apprendre à mieux à connaitre la Femme qui se cachait derrière cette plume tellement affutée et au regard ironique voire moqueur sur les moeurs de son époque.

C’est avec  délectation que j’ai donc remis le nez dans Northanger Abbey – et j’ai pris tout autant de plaisir à le redécouvrir ! L’intrigue se passe presque en totalité à Bath où la jeune héroïne de 17 ans Catherine Morland accompagne un couple d’amis de ses parents. C’est une véritable aventure pour cette jeune fille qui n’a jamais quitté le nid jusqu’à présent – et elle va participer aux mondanités qu’offre cette ville thermale. La naiveté de ce personnage m’a encore davantage sautée aux yeux que lors de ma première lecture ainsi que le ton ironique qu’emploie le narrateur pour la décrire. Catherine est passionnée de romans gothiques et elle dévore Les Mystères d’Udolphe d’Ann Radcliffe ce qui attise un peu trop son imagination. A Bath, elle va rencontrer le frère et la soeur Tilney, et va se lier d’amitié avec eux. Henry Tilney est l’un de mes personnages masculins préférés de Jane Austen avec le Colonel Brandon (Raison et sentiments) et Mr Darcy (Orgueil et préjugés). Il manie très bien le sarcasme lui aussi – mais c’est surtout son respect pour les femmes et la reconnaissance en leur intelligence à l’égal des hommes qui me plait énormément ! C’est un personnage que je considère féministe. Notamment, il ne considère pas la lecture comme une activité frivole réservée uniquement au sexe féminin. La voix de Jane Austen se fait entendre quand elle prend elle-même la défense des romans à travers les propos du narrateur: « Je refuse d’obéir à cette coutume mesquine et peu politique qu’adoptent si souvent les auteurs et qui consiste à déconsidérer, par une censure des plus méprisantes, le genre d’oeuvres même dont ils sont en train d’accroître le nombre. Ils rejoignent là leurs pires ennemis pour octroyer à de tels ouvrages les épithètes les plus cruelles et n’autorisent presque jamais leur héroïne à lire des romans. Si elle tombe par accident sur l’un de ces livres, elle en tournera à coup sûr les pages avec dégoût. Hélas ! Si l’héroïne d’un roman n’est point patronnée par l’héroïne d’un autre roman, de qui peut-elle attendre protection et considération ? Je ne saurais défendre une telle attitude.« 

Bien que la trop grande candeur et innocence de Catherine peut énerver certaines personnes – car il est vrai qu’il y a des choses grosses comme une maison qu’elle ne voit pas ! – c’est avec une certaine tendresse que j’ai suivi ces (més)aventures. Entre Bath et le domaine de Northanger Abbey appartenant à la famille Tilney, elle va connaitre le ravissement de participer à des bals, connaitre ses premiers émois amoureux et subir des trahisons qu’elle ne soupçonnait pas. Northanger Abbey est un roman d’apprentissage plaisant et amusant !

J’avais adoré l’adaptation de 2007 produite par la BBC, je vais la revisionner sous peu également ! Et de votre côté, quel est le roman de Jane Austen que vous préférez ? Et le premier que vous avez découvert ? ^^

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« I would die for her. I would kill for her. Either way, what bliss. »

harryJ’avais de grandes appréhensions vis à vis du script de la pièce de théâtre Harry Potter and the cursed child car je n’aime généralement pas les suites aux romans qui se terminent de manière satisfaisante (l’épilogue du 7eme tome ne me dérange pas contrairement à beaucoup de personnes qui le trouvent très niais haha). Je préfère qu’on laisse ces personnages que j’aime tant vivre en paix dans mon imagination plutôt que d’en faire une suite qui risque d’être en deçà de l’histoire originale. J’ai même hésité à le lire c’est pour dire ! Contre toute attente, j’ai plutôt bien apprécié cette pièce de théâtre. C’est assez difficile pour moi d’être objective car retrouver Harry, Hermione, Ron, Ginny, Drago, neuf ans après avoir refermé le dernier tome, ça n’a pas de prix ! Les retrouvailles se font naturellement, sans moment awkward (embarrassants) même si le format pièce de théâtre ne permet pas de s’étendre énormément sur chaque protagoniste. Et d’ailleurs ce ne sont plus EUX les personnages centraux, mais leurs progénitures: Albus, le fils d’Harry et Ginny et Scorpius, le fils de Drago. Le fait que ce soit un script rend la lecture bien moins prenante que si ça avait été un roman. La magie par exemple ne transparait pas à la lecture. Les quelques scènes qui se passent dans l’enceinte de Poudlard sont peu vivantes par rapport à la richesse des descriptions dont nous avait habitué JK Rowling. J’ai aussi trouvé que l’intrigue était parfois tirée par les cheveux, qu’elle ressemblait davantage à une fanfiction. Bon là, vous allez vous demander pourquoi j’ai quand même plutôt bien aimé ce livre. C’est parce qu’il m’a rendu nostalgique d’un univers qui est pour moi indissociable de mon enfance. Je n’ai pas été d’accord avec tous les choix  pris (spoiler: Voldemort a une fille ! No way!), mais ce script n’a pas non plus entaché mon souvenir des romans tant aimés de Rowling ! Le personnage de Scorpius est un tel amour! Il est à lui seul l’élément le plus positif de HP and the cursed child ^^ J’ai aussi apprécié que certains éléments – comme le traumatisme d’Harry de n’avoir jamais connu ses parents ou encore sa colère envers Dumbledore, soient davantage explicités dans ce script que dans la saga initiale. On y retrouve également l’humour propre à J.K. Rowling. Malgré tout j’ai trouvé l’ensemble un peu expéditif et facile mais là encore c’est le format qui veut cela ! Dans l’ensemble, je ne peux pas dire avoir été déçue parce que je n’avais pas vraiment d’attentes vis à vis de ce livre, il faut le prendre comme un « bonus » plus que comme une suite véritable. 

The Cursed Child de JK Rowling, John Tiffany et Jack Thorne (2016) Sortie française prévue en octobre

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J’ai lu mon premier Terry Pratchett, auteur de SF extrêmement populaire – et décédé l’an dernier. Plusieurs cycles composent sa série Les Annales du Disque-Monde. Quarante pour être précis haha Je ne les lirai pas tous, cela est une certitude, mais j’ai trouvé ce premier tome sympathique ! Nous suivons les péripéties de Rincevent, un mage sans aucun talent pour lancer des sortilèges. Dans « La Huitième couleur », Rincevent a été engagé comme guide touristique d’un certain Deuxfleurs qui vient visiter pour la première fois Ankh-Morpork. Ce touriste est très amusant en raison de son émerveillement sans borne pour toutes les choses pittoresques. Il souhaite participer à des bagarres authentiques dans des bistrots malfamés, voir de vrais dragons au péril de sa vie… Cela provoque des situations cocasses ^^ J’ai plusieurs fois ri de bon coeur malgré une intrigue parfois inégale. Il parait que ce n’est pas le meilleur tome de la série mettant en scène Rincevent ! Si je devais lire un autre livre de Pratchett, je poursuivrais avec La huitième fille qui nous présente les sorcières farfelues de l’univers du Disque-Monde.

Les Annales du Disque-Monde T1 de Terry Pratchett (1983)

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Depuis l’année dernière, je sors un peu plus de ma zone de confort : je regarde davantage de films/séries d’épouvante. L’hémoglobine à outrance, et les histoires d’esprits vengeurs ne sont toujours pas ma tasse de thé. Pourtant voilà que j’ai commencé l’année en dévorant (c’est le cas de le dire !) The Walking Dead alors qu’à la base, je n’apprécie les zombies que dans les films comiques. L’an dernier, je me suis mise à Penny Dreadful, la série victorienne inquiétante à souhait ! Dernièrement c’est la série Stranger Things qui m’a donné quelques frissons même si ça reste quand même gentil ^^ Cette série a eu un succès fou depuis sa sortie le 15 juillet sur Netflix. Années 80 à pleine dose, ambiance à la Stephen King et à la Spielberg, casting de gamins talentueux, disparitions inquiétantes et monstre tout droit sorti d’un roman de SF ! Ce fut un petit régal !

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Je n’ai JAMAIS regardé la Famille Addams quand j’étais petite. Oui c’est possible :P C’est désormais chose faite et qu’est ce que j’ai aimé ! Les membres de cette famille sont tellement hilarants (ou « truculents » mais apparemment ça fait vieux comme adjectif haha) et ces deux films n’ont pas pris une ride alors qu’ils sont sortis respectivement en 1991 et 1993 ! L’humour noir, les dialogues parfois osés entre Gomez et Morticia, le personnage si célèbre et taciturne de Mercredi, tout m’a plu ! J’ai bien l’intention de les revisionner régulièrement ;)

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The Dressmaker est l’histoire d’une femme blessée qui revient dans son village natal en Australie pour se venger du mal qui lui a été fait dans son enfance. Je m’attendais à un film sérieux mais pas du tout ! C’est un OVNI aux scènes souvent irrésistibles et imprévisibles ! Kate Winslet a, comme à son habitude, la grande classe et ses tenues sont magnifiques. Il s’agit de l’adaptation du roman de Rosalie Ham si certain d’entre vous seraient intéressés de lire le livre d’abord ^^

J’ai également vu Star Wars 7, mais je ne le place pas parmi mes favoris car je ne suis définitivement pas une grande fan de cet univers. J’avais déjà tenté de regarder les films de George Lucas mais je dois bien avouer que je n’ai jamais réussi à m’en intéresser suffisamment. Il en va de même pour tout ce qui touche à des galaxies lointaines, vaisseaux spatiaux, aliens etc… Ca m’ennuie généralement ^^’ (je risque de me faire des ennemis hein ?). Le point positif du dernier Star Wars c’est le petit droïde BB-8 trop adorable !

*

Le prochain article sera certainement sur ma lecture actuelle « La Horde du Contrevent » d’Alain Damasio. Je prends le temps de la savourer comme il se doit, et elle est incroyable jusqu’à présent ! Je ne suis même pas sûre que je serai capable d’écrire une chronique qui illustrera la richesse de ce roman ! J’essayerai ^^ A bientôt !

« A Fairy ! A Fairy on the sea-road »

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Matilda a très gentiment pensé à moi lors de son séjour à Londres et quand elle a franchi les portes de la petite librairie Persephone Books, elle m’a déniché une édition adorable d’un roman de 1937 ayant pour titre énigmatique Lady Rose and Mrs Memmary. Le mystère s’est mué en émerveillement lorsque j’ai commencé à le lire. Je suis entrée dans ce livre avec le sentiment de découvrir un trésor littéraire méconnu. Son charme désuet est toujours aussi vif, et comme hors du temps. Je me suis laissée envouter.

En 1935, Mrs Dacre et son mari ainsi que leur ami américain, visitent une immense demeure inhabitée près d’Édimbourg, vestige d’une époque victorienne révolue. Mrs Memmary, la vieille dame qui entreprend la visite guidée a connu les anciens propriétaires du domaine. Ils avaient une fille Lady Rose. Une petite créature qui s’émerveillait de tout et qui était surtout passionnée d’Histoire, celle des Rois et des Reines. Sa mère était une dame de compagnie de la Reine Victoria, et elle rêvait de le devenir à son tour.  Ce désir était contrebalancé par son puissant amour pour son pays: l’Ecosse. C’est sur ses Terres, à Keepsfield, qu’elle se sentait pleinement chez elle.

C’est par bribes que son passé nous est raconté. Lady Rose grandit et traverse sa vie d’adulte sous nos yeux. Comme Mrs Dacre qui écoute le récit, j’ai moi aussi été entrainée dans ce lointain passé qui renait à travers la voix de Mrs Memmary. Lady Rose était bien trop impulsive pour une femme de son époque et de sa position (Noblesse oblige). C’est son cœur et son imagination qui guidèrent ses choix.  C’est une héroïne qui force le respect.

J’ai trouvé l’intrigue très charmante, mais également émouvante par bien des aspects. Moi qui rêve d’époques que je n’ai jamais connues, cette histoire m’a beaucoup parlé car Lady Rose est aussi une grande nostalgique du passé. Elle aurait aimé vivre à l’époque de Mary Ier d’Ecosse. Son homme idéal est Bonnie Prince Charlie (coucou Outlander!) dont elle chérit le portrait.  Elle a un esprit romanesque attisé par des lectures qui ne conviennent pas une jeune femme de son temps. « What could any person over thirty know about romance in any case! Tristram and Iseult, the Shakespearian lovers, and those strangely thrilling people of whom she had read secretly not long ago in a forbidden book called ‘Wuthering Heights’-Heathcliff and Catherine Linton… » (p119).

Un petit bijou littéraire dont je souhaite garder de belles citations. Merci Matilda !

« Is it a bad thing » Rose asked breathlessly, battling against the wind that flaked the sand-dunes, « to have imagination ? »

« Good » gasped Aunt Katy, gripping her muff « A good thing. You enjoy everything so much more. It gives you so many worlds to live in; you skip lightly out of one into another. From star to star; comet-like. »

« Then why did you say–« 

« Because you suffer more. Double-edged sword. »

Lady Rose and Mrs Memmary de Ruby Ferguson (1937) Non traduit en français (Lien Goodreads)

“It would be Carol, in a thousand cities, a thousand houses, in foreign lands where they would go together, in heaven and in hell.”

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IMG_20151125_142956En novembre, je n’ai réussi à venir à bout que de 3 livres. J’ai savouré comme il se doit Harry Potter 1 dans son édition illustrée. J’ai été étonnamment séduite par les dessins alors que j’avais émis quelques doutes sur leur efficacité lorsque j’en avais entraperçus des extraits. Finalement, ils s’adaptent parfaitement à l’imaginaire de JK Rowling sans trop le surcharger pour autant. Les traits des personnages ne sont pas lisses, leurs défauts ne sont pas gommés comme dans les descriptions de l’auteure. Les paysages, les créatures sont splendides et l’aspect de l’ouvrage ressemble à celui d’un buvard avec des tâches d’encre qui parsèment le texte. Un très beau livre donc, qui me donne une furieuse envie de relire entièrement la saga ^^ J’achèterai chaque tome illustré dorénavant (à compter d’1 par an).

J’ai terminé le thriller Le Diable sur les épaules dont vous pouvez lire la chronique ici.

carolJ’ai également lu Carol (The Price of Salt dans sa première édition et Les Eaux Dérobées en français) de Patricia Highsmith. Livre dont j’ignorais l’existence avant de le croiser dans une vidéo de Jen Campbell (là !) et je connaissais encore moins son histoire jugée sulfureuse pour son époque. Il faut savoir que la romancière – la reine du crime version américaine, a endossé un pseudonyme pour faire éditer ce roman lesbien en 1952. Extrêmement moderne dans le ton employé et les descriptions de cette relation entre deux femmes, le roman fut un succès en librairie. Il est aujourd’hui de nouveau sous les projecteurs en raison de son adaptation au cinéma (sortie prévue le 13 janvier en France). J’ai aimé être témoin de la naissance de cet amour entre la vendeuse d’un grand magasin (et aspirante comédienne) et sa riche cliente. Le récit est relativement lent ce qui renforce le sentiment de mélancolie que l’on ressent à sa lecture. Il y a beaucoup de dialogues souvent anodins et puis au détour d’un paragraphe, une phrase qui surgit et qui frappe: « Is there a word? A friend, a companion, or maybe just a sharer. What good are words? I mean, I think people often try to find through sex, things that are much easier to find in other ways. » Les dialogues de ce livre auraient pu être écrits de nos jours. Je me suis prise au jeu de cette histoire d’amour prohibée par la société américaine des années 50 mais qui est légitimée par Patricia Highsmith. Cette romance est belle et elle m’a donné des frissons. Surtout le dernier chapitre ! J’ai lu ce roman sur ma Kindle, et je pense me le procurer en version papier et le relire un jour :)

Un autre roman qui fit scandale lors de sa sortie en 1956 pour sa prétendue immoralité et que j’aimerais beaucoup lire est Peyton Place de Grace Metalious !

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Je n’ai pas été fidèle à mes prévisions pour le mois de novembre. Tout simplement car, je préfère désormais me fier à mes envies soudaines. Je commence parfois un livre, je lis 10 pages, je ne suis que moyennement convaincue, je repose donc l’ouvrage. Auparavant j’avais horreur de mettre de côté des livres, de ne pas me forcer à les finir. Ce temps est révolu. Au début du mois, j’avais une furieuse envie de romans historiques (Le Manoir des Tyneford) et de SF (La nuit des temps), et je me suis finalement tournée vers un roman social et qui plus est, homosexuel ^^ Je ne sais pas encore ce que j’aurais envie de lire en décembre ! Ca sera la surprise !

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Je fini ce billet avec deux chansons que j’ai beaucoup écouté ces dernières semaines. La première est tirée du film d’animation Un Monstre à Paris que j’ai vu de trop nombreuses fois :) Cette chanson est un hymne à Paris, meurtrie en son sein il y a 2 semaines. Je t’aime Paris <3

Dans un genre totalement différent, je me suis remise à écouter Lana Del Rey. J’ai un rapport assez particulier avec cette chanteuse américaine. J’ai découvert ses chansons Born to die et Video Games dans une période pas facile de ma vie il y a quelques années. A chaque fois que je la réécoute, c’est avec un pincement au coeur. La mélancolie qui habite la plupart de ses chansons, et les textes de ces dernières m’envoutent complètement. Lana a une timbre de voix incroyable: une voix chaude et puissante qui semble fragile dans le même temps. Sa personnalité (ou son personnage ?) est également fascinante. Quand j’écoute ses chansons, c’est comme si je vivais une expérience émotionnelle très forte. J’ai un peu tardé à écouter son troisième album « Honeymoon » mais maintenant je ne le lâche plus ! Ma favorite est High By the Beach que j’écoute en boucle (je me réveille même le matin avec cette sonnerie !), suivie par The Blackest Day et 24.  Mais quasiment toutes son bonnes à prendre et à savourer ! (* Alexandra a chroniqué l’album et sait beaucoup mieux parler de musique que moi!) 

On se retrouve en décembre ;)