Miscellanées de la semaine #4

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Rubrique fourre-tout regroupant des détails pèle-mèle de mon quotidien. Une manière de garder une trace de ces petits moments de joie, de gratitude ou de déception, de découvertes et d’évènements. 

• Assister au concert de Luc Arbogast dimanche dernier (26/03) a été un grand plaisir. Je vous en parlais dans l’article précédent: c’est un chanteur d’inspiration médiévale que j’écoute depuis des années.
J’ai regretté que la sonorisation de l’Olympia n’ait pas toujours rendu justice à la beauté de sa voix – les instruments prenaient parfois le dessus sur celle-ci mais globalement ce fut un concert très positif. Luc interagissait beaucoup avec la salle, et il semble être un chic type ^^ Mon rêve serait de le réentendre chanter devant une cathédrale – rien qu’avec sa mandoline et sa voix cristalline.

• Je suis en train de regarder la série Happy Valley sur Netflix. Série britannique de la BBC One diffusée dès 2014. Les anglais sont tellement doués dans la réalisation de séries policières – Broadchurch, Sherlock, Grantchester, Ripper Street (…). Happy Valley suit le quotidien d’un sergent de police – c’est le portrait d’une femme avant tout. C’est aussi un fait divers macabre qui se déroule sous nos yeux. C’est tellement réaliste – terre-à-terre presque, que ça retourne vraiment l’estomac. J’ai bientôt terminé la saison 1, et à chaque épisode je me suis sentie mal face à la dureté des faits. Ce n’est pas un coup de coeur, car c’est bien trop dérangeant pour que je puisse dire que ‘j’adoooore’, mais c’est impeccablement joué et réalisé.

 

• Ma dernière lecture a été Tu Tueras le père. C’est frustrant d’être enthousiaste lors des cent premières pages d’un livre puis de le trouver de plus en plus pénible au fil des pages. C’est ce qui s’est passé avec ce thriller italien. L’intrigue va crescendo dans l’invraisemblable. Tout est trop gros pour qu’on puisse considérer l’intrigue comme plausible. Je considérerais Sandrone Dazieri comme un Dan Brown italien.. et ce n’est pas particulièrement un compliment de mon point de vue : Un personnage extravagant qui est censé émouvoir le lecteur, une policière au bord du burn-out, une affaire policière qui devient de plus en plus compliquée et tordue plus on se rapproche de la fin, un style d’écriture sommaire et des dialogues creux – les émotions se perdent dans la traduction française je pense. Beaucoup de spectacle et de coups de théâtre, et au bout d’un moment l’impression de ne plus suivre l’histoire – et surtout de ne plus avoir envie de la suivre. Si les premières pages avaient titillé mon intérêt, j’ai survolé à la va-vite les deux-cents dernières de cet énorme livre de plus de 600 pages.

 

• Mon départ au Japon est prévu le 6 avril – soit dans quelques jours !!! Je suis impatiente de découvrir les villes de Tokyo, Kyoto, Nara, Yokohama. Je suis en train de peaufiner ma valise – que je souhaite la moins chargée possible. J’aurais accès à internet grâce au Pocket Wifi là bas, mais je pense que je me couperai volontairement d’internet la journée pour profiter à fond de l’expérience ^^ Je vous donnerai par contre de mes nouvelles via Instagram très certainement !

A très vite !

Miscellanées de la semaine #3

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Rubrique fourre-tout regroupant des détails pèle-mèle de mon quotidien. Une manière de garder une trace de ces petits moments de joie, de gratitude ou de déception, de découvertes et d’évènements. 

• Mon week-end à Amsterdam avec une amie. Ville visitée quand j’étais plus jeune avec mes parents sous un temps détestable – ce qui ne m’a pourtant pas découragée à la visiter de nouveau 10 ans plus tard. La météo fut davantage clémente cette fois ci ! Ville charmante, presque paisible – nous avons été étonnées de ne pas croiser trop de touristes.

• Visite entre-autres de l’Hortus Botanicus (photos ci-dessous) et de ses jardins botaniques. Les serres reproduisent différents types de climats: tropical, subtropical humide, désertique. Il y a également une serre aux papillons. Les jardins extérieurs auraient été encore plus jolis au printemps lorsque les fleurs auraient éclos. J’ai adoré cette visite instructive avec ses nombreuses espèces de plantes – souvent rares,  à découvrir. L’architecture du lieu est magnifique et ça doit être encore plus appréciable quand le soleil pointe le bout de son nez ! Ca me donne terriblement envie de retourner aux Serres d’Auteuil à présent !

• Lecture commune avec Marie du premier tome de La Cour des Dames de Franck Ferrand – chroniqueur historien que j’apprécie écouter de temps en temps sur Europe 1 dans son émission « Au coeur de l’Histoire ». Homme érudit, je le préfère largement en conteur à la radio que romancier ! Ce roman à propos du règne de François Ier manque cruellement de romanesque. Les dialogues sont parfois un brin grotesques. Les faits historiques sont retranscrits avec exactitude mais l’ensemble est plat. Je ne lirai pas la suite de la trilogie.

• J’ai également lu un recueil de nouvelles du même auteur japonais avec lequel je vous bassine depuis le mois dernier: Yukio Mishima :P
Trois nouvelles et une pièce de théâtre que j’ai globalement toutes appréciées ! Ma préférence va pour « Patriotisme ». Encore une fois – on y retrouve un thème cher à Yukio Mishima : le rituel du seppuku. Ce n’est pas lassant pour autant car plus je lis de livres de cet auteur (c’est le 4eme depuis février), plus j’ai l’impression de le connaitre.

• Places reçues pour le concert de Luc Arbogast à la fin du mois !! Il me semble que j’ai découvert ce chanteur à la voix mélodieuse et hors du temps en 2007 ou 2008 avec son album Hortus Dei. Ses chants d’inspiration médiévale sont tellement purs. Il s’est fait connaitre d’un plus large public en participant à The Voice il y a quelques années, mais il est avant tout un artiste de rue et se produit beaucoup sur les parvis des cathédrales de France. C’est dans ce cadre que j’aurais préféré l’écouter, mais à l’Olympia ça sera bien aussi ^^ Mes chansons préférées de lui: Maria ♥︎ Morgenstern ♥︎ Domus  ♥︎ Nomad

• Je regarde la série Santa Clarita Diet sur Netflix. Et contre toute attente j’aime beaucoup ! Ca parle d’une mère de famille bien proprette, qui du jour au lendemain devient une zombie et se découvre un appétit pour la chair humaine ^^’ C’est plus drôle qu’original, mais ça m’amuse bien !

Bon dimanche ensoleillé à vous !

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The Sailor Who Fell from Grace with the Sea

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Le tumulte des flots: Il s’agit du second livre de Mishima que je découvre, et celui-ci décrit avec beaucoup de délicatesse les premiers amours d’un jeune marin et d’une riche héritière. Leur histoire est racontée avec beaucoup de tendresse, de simplicité. C’est attendrissant à lire. Shinji est amené à défendre fermement cet amour, à relever des épreuves pour être accepté par le père de Hatsue qui ne veut pas donner la main de sa fille à n’importe qui. J’ai ressenti la même chose que lorsque j’ai lu Confession d’un masque: l’écriture de Mishima est envoutante, intemporelle. J’ai encore pris en note certaines pensées des personnages – plusieurs fois Mishima écrit des phrases, des réflexions qui résonnent en moi. Comme des petites vérités sur moi-même qui surgissent au milieu d’un passage. Incapable de me détacher de la plume de Mishima, j’ai lu tout de suite après Le Marin rejeté par la mer. Encore une fois la mer est très présente, et cette fois-ci elle amène une certaine mélancolie à l’histoire. Le premier roman comme le second ont un point de départ simple. Rien d’extravagant, ni d’original. Et pourtant, dès les premières lignes je suis absorbée toute entière dans leur intrigue. Le second est bien plus amer dans sa conclusion – mais l’ultime métaphore est tout de même mélodieuse. Après cette lecture, j’ai enchainé avec un 4eme livre de Mishima – c’est une spirale !, Le Pavillon d’Or que je n’ai pas encore fini – car il est beaucoup plus dense et a beaucoup plus de pages que les autres. J’aime bien pour le moment ^^

Pour rester dans la tendance japonaise, j’ai relu quelques mangas ! Ca ne m’était pas arrivé depuis le lycée. Vous ne le savez pas, mais je me suis beaucoup intéressée à la culture asiatique : japonaise et surtout coréenne !! – au collège et au lycée. Pendant plusieurs années, j’ai vu, j’ai mangé, j’ai écouté, j’ai rêvé coréen !
J’ai aussi beaucoup lu de mangas japonais puis j’ai arrêté. Trop onéreux et je n’étais pas inscrite à la bibliothèque pour en emprunter à cette époque. Pourtant j’adorais cela ! Parmi les séries qui ont eu un impact sur mon adolescence, il y a Fruits Basket, Love Hina, Nana et.. Gals! Je me souviens de m’être tapée des fous rire phénoménaux et j’étais curieuse de les relire 10 ans plus tard. Ce manga est assez vieux, il date de 1999 et pourtant, il n’a pas pris une ride. J’ai encore beaucoup ri face aux situations abracadabrantes dans lesquelles se retrouve Ran, l’héroïne lycéenne reine du quartier très hype de Shibuya à Tokyo. Heureusement que j’ai gardé les 10 tomes de cette série, car je vais me remettre à tous les lire ! Je me suis aussi de nouveau penchée sur GTO – un manga que je trouvais déjà subversif à l’époque et j’ai le même ressenti aujourd’hui x) C’est l’histoire d’un professeur anticonformiste dans un lycée japonais. C’est violent, vulgaire, dérangeant. Ce qui me plaisait dans ce manga, c’est qu’il détonnait des autres séries plutôt à l’eau de rose que je lisais. Celui ci est âpre, sans concession. Derrière cette noirceur, il y a des moments de franche rigolade aussi! Par contre, je n’ai jamais lu les 25 volumes de la série – mais seulement une petite dizaine je crois. Je continuerai sur ma lancée de redécouverte des mangas qui ont marqué ma « jeunesse » ^^

Ce regain d’intérêt pour le Japon n’est pas anodin. Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que je vais visiter ce pays en avril prochain 😄

Confession d’un masque • Yukio Mishima

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Yukio Mishima.. un pseudonyme qui ne me disait encore rien il y a 10 jours et qui à présent, me trotte dans la tête. La question que vous vous posez peut être est comment j’en suis venue à m’intéresser à ce monsieur japonais. Une youtubeuse française (qui fait principalement des vidéos en anglais) que je suis quasi-religieusement depuis des années – sans être toujours d’accord avec tous ses propos mais qui m’intéresse suffisamment pour l’écouter ^^, avait parlé de Confession d’un masque comme étant un de ses livres préférés de tous les temps – et elle lit beaucoup !
J’étais intriguée, mais je suis toujours un petit peu réfractaire à lire de la littérature japonaise. Je n’ai jamais eu de coups de coeur pour un roman d’un auteur japonais jusqu’à maintenant mais j’avais envie de laisser une chance à ce curieux romancier.
Ce roman aux ‘résonances autobiographiques’ dixit l’éditeur, Yukio Mishima l’a écrit très jeune. A 24 ans. Il y fait part de sa quête d’identité sexuelle et il réalise très tôt qu’il éprouve davantage d’attirance pour les garçons de son âge que pour les filles. Revendiquer son homosexualité dans les années 40 au Japon était bien entendu impensable, et il dissimula ses penchants « honteux » (selon lui) derrière un masque.

Cependant dans ce livre, il ne cache rien de ses émois. C’est cela que j’ai trouvé saisissant: il ne prend pas de gant pour parler ouvertement et crûment de ses fantasmes – aussi bien sexuels que ses envies de mourir. Alors oui, vous ne savez peut être pas encore, mais Yukio Mishima s’est suicidé de manière spectaculaire par hara-kiri en 1970 (!). Il s’est ouvert le ventre, et a demandé à un ‘disciple’ de le décapiter selon les règles du rituel du seppuku… Particulier n’est ce pas!? Je n’avais pas tout de suite lu la biographie de Yukio Mishima avant de commencer Confession d’un masque, et de nombreuses choses se sont alors éclairées après que je me sois renseignée sur sa vie ! Car dans ce livre datant de 1949, on remarque qu’il était déjà obnubilé par l’idée de mourir d’une manière violente – comme si son acte ultime avait été prémédité toute sa vie. La perspective de la Mort le suit constamment et il voit en elle une délivrance : « Les raids aériens devenaient plus fréquents. J’en avais une peur extraordinaire et pourtant j’attendais en même temps la mort avec une sorte d’impatience, avec une espérance pleine de douceur. Comme je l’ai noté plusieurs fois, l’avenir était pour moi un lourd fardeau. Dès le début, la vie m’avait écrasé sous un pesant sentiment de devoir. Bien que je fusse de toute évidence incapable d’accomplir ce devoir, la vie me harcelait, me reprochait ce manquement.(…) » page 125 édition folio.

Quand on lit l’autobiographie d’une personne, on ne fait plus qu’un avec son esprit et ses pensées. Vous allez me dire alors que ce livre doit être infiniment déprimant. Il l’est par la souffrance que le jeune homme ressent à ne pas être comme les garçons de son âge, à devoir faire semblant de fantasmer lui aussi sur des femmes alors qu’il n’a en tête que le tableau de Guido Reni représentant Saint Sebastien dénudé et glabre percé de flèches (reproduction ci-dessus). Cette peinture va l’obséder – littéralement – toute sa vie. Il se fera même photographier dans la même pose.
Sa plume est fascinante et tout ce que nous raconte Yukio Mishima l’est aussi. C’est un auteur qui écrit avec ses tripes, qui s’abandonne à l’écriture, qui n’omet rien même s’il sait que ses propos vont choquer ses contemporains. Son mal-être est pleinement ressenti par le lecteur – et c’est d’autant plus bouleversant quand on sait ce qui adviendra de lui quelques années plus tard. Ce livre est puissant car Yukio Mishima fait fi des moeurs de son époque en parlant ouvertement d’homosexualité, de fantasmes morbides – très inspirés de Sade.

Je ne saurais mettre des mots sur ce qui m’a autant plu dans ce livre – ça a sans doute à voir avec la sensibilité et la franchise du narrateur. J’ai par contre conscience que Confession d’un masque ne plaira pas à tout le monde ! En tout cas, pour ma part je me suis empressée de commander d’autres ouvrages de Mishima ainsi que d’en emprunter à la bibliothèque. Je suis en ce moment même à la moitié du « Tumulte des Flots » et le charme opère tout autant !