L’Amie Prodigieuse

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Ce roman d’Elena Ferrante semble avoir atteint une certaine popularité ces derniers temps en France alors que je le croisais déjà en librairie en Italie il y a plusieurs années. Si en France seulement deux tomes sur les quatre ont pour le moment été traduits, les anglophones peuvent déjà découvrir l’intégralité de la saga! J’espère qu’on pourra prochainement avoir les deux volumes suivants à notre disposition !

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L’Amie prodigieuse narre la jeunesse de deux amies, Elena et Lila, dans le Naples des années 50. Lila est une enfant terrible, méchante quand elle décide de l’être mais aussi sûre d’elle, et brillante élève avec de grandes capacités. Elena est une fillette beaucoup plus sage bien qu’elle soit influencée par sa meilleure amie. Pendant toute son enfance et adolescence, Elena se sent inférieure à cette dernière, et en secrète rivalité. Très vite, elles vont prendre des chemins diamétralement opposés. Lila préférant abandonner l’école malgré de très bons résultats pour apprendre un métier concret et manuel. Elena continue ses études bien qu’elle le fasse surtout pour se prouver qu’elle peut aussi être douée dans quelque chose. Il y a une jalousie réciproque presque impalpable qui se dessine en arrière plan de leur amitié.

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C’est l’histoire d’une enfance difficile, pauvre, malmenée, parfois violente. La seule chose que j’ai ressenti au fil de ma lecture, est une certaine nostalgie car on se rend compte combien nos aspirations et nos rêves lorsqu’on est jeune se ternissent souvent au cours des années et finissent pas être de lointains souvenirs presque oubliés. Ce premier volume se termine lorsque les deux amies ont 16 ans, et qu’elles sont toutes les deux indécises quant à leur avenir. La suite nous racontera les décennies suivantes de leur vie car dans les toutes premières pages, Elena a la soixantaine et se remémore son amitié avec Lila. Je n’ai pas pour autant été subjuguée par ce livre, il n’a pas réveillé en moi beaucoup d’émotions si ce n’est un sentiment d’inconfort et de malaise comme s’il me faisait me rendre compte que je ressemblais un peu à Elena dans ses défauts.. Surtout dans le manque de reconnaissance qu’elle éprouve et son perpétuel sentiment d’infériorité:

L’instituteur commença à me complimenter sur mon assiduité mais ensuite il prit des nouvelles de Lila, exprimant un profond regret qu’elle et toute sa famille aient arrêté d’emprunter des livres. J’ai du mal à expliquer pourquoi, mais je souffris de ce regret. Il me sembla le signe d’une intérêt profond et authentique pour Lila, quelque chose de beaucoup plus fort que ses compliments pour ma discipline de lectrice assidue. Je me dis que si Lila avait emprunté ne serait-ce qu’un seul livre par an, elle aurait laissé sa marque sur cet ouvrage et l’enseignant l’aurait perçu quand elle l’aurait rendu, alors que moi je ne laissais aucune marque.

Ce livre m’a mise mal à l’aise parce que certaines pensées d’Elena m’étaient trop familières car je les ai ressenties et je les ressens toujours pour certaines. Et c’est d’autant plus perturbant qu’Elena n’est pas toujours très charitable et pourtant je me suis reconnue en elle… Le livre est plutôt lent. Il ne se passe pas de faits majeurs, on suit simplement le cours de la vie des habitants de ce quartier pauvre de Naples. D’ailleurs, il y a vraiment beaucoup de personnages et heureusement qu’ils sont listés par famille et par profession au début du livre sinon j’aurais été perdue !

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Même si ce roman n’est pas un coup de cœur, loin de là, je suis tout de même contente de l’avoir lu pour m’en faire une idée et je pense lire la suite quand elle sera disponible en poche, mais je ne ressens pas une « envie pressante » (:p) de lire la suite tout de suite, maintenant!

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L’amie prodigieuse (L’Amica Geniale) d’Elena Ferrante – 2011 – x