Maisie Dobbs #1

dobbs

*(La phrase en anglais comporte probablement une faute mais c’est ainsi qu’elle est écrite dans le texte et prononcée par le personnage de Billy).

Alexandra du blog Diverses et avariées me fait souvent découvrir des choses formidables. Sans elle par exemple, je n’aurais jamais connu la série australienne Miss Fisher ! Puisque le Mois Anglais bat son plein, je me suis dit que j’allais lire Maisie Dobbs qu’elle me recommandait depuis un moment. Tout au long de ma première semaine de stage, le livre s’est baladé dans mon sac, et je le lisais dans le rer quand ce n’était pas trop bondé ou alors le soir avant de m’endormir. Je regrette de ne pas l’avoir lu d’une traite et d’avoir du souvent interrompre ma lecture. Mais finalement, je suis satisfaite de ce premier tome. L’intrigue se déroule en 1929 lorsque Maisie Dobbs ouvre sa propre agence de détective privé.

L’intrigue policière de ce tome est plutôt légère, elle est un peu mise en arrière plan. Elle est même interrompue pendant 140 pages par un flashback qui revient sur le passé de Maisie. Cet interlude n’a pas été sans me déplaire. Le personnage de Maisie est passionnant puisqu’elle a gravi les échelons de la société grâce aux maîtres chez qui elle était domestique et aussi grâce à son amour pour les livres. Elle a même eu la chance de mettre les pieds à l’université ! Pendant la Première Guerre Mondiale, elle s’est engagée en tant qu’infirmière. L’atmosphère de la WWI se fait bien ressentir : les douloureux adieux, la peur au ventre de ne pas voir revenir ceux qu’on aime… J’ai apprécié cette immersion dans le passé de l’enquêtrice.

Lorsqu’on revient à la narration présente, je n’ai pas éprouvé trop de curiosité pour l’affaire en cours bien que la thématique des Gueules Cassées soit intéressante. Tout comme dans la série Miss Fisher, il y a plusieurs personnages secondaires qui gravitent autour de la détective: j’ai particulièrement apprécié son assistant qui est extrêmement loyal et j’ai bien envie de le revoir. La fin m’a vraiment surprise. Je ne m’attendais pas à une telle révélation. D’un autre côté, j’ai quelques réserves concernant « la chose ». Je ne suis pas vraiment en adéquation avec le comportement de Maisie. Spoilers : (abandonner à son triste sort pendant 10 ans l’homme qu’elle aimait car celui ci a été défiguré par la guerre.)

En résumé, ce premier opus a un petit charme désuet ! Je me ferai une joie de suivre Maisie Dobbs dans de nouvelles aventures !

couvIllustrateur: Andrew Davidson

Ma seconde contribution au :

logo400-3

Il s’agit également d’une lecture commune avec Aifelle, Alexandra, Karine, Fondantochocolat

« Perhaps watching someone you love suffer can teach you even more than suffering yourself can »

logo400-3

(Logo co-réalisé avec Alexandra)

J’étais partie pour ne pas participer au Mois anglais organisé par Lou, Chryssilda et Titine, car je risque d’être overbookée en juin. Mais finalement ce événement n’est pas du tout contraignant (un billet minimum) et comme je lis très souvent de la littérature anglaise, ça ne changera pas mes habitudes ! Et ça me permettra aussi de lire les articles des nombreux participants et d’interagir avec eux sur la page Facebook du groupe ^^.  Voici donc ma première participation:

capturecastle

SMITH, Dodie. I Capture the Castle (Le château de Cassandra). 1948.

Je n’avais jamais entendu parler de ce roman avant que WordsofaReader n’en vante les mérites sur sa chaîne Youtube. Dodie Smith est davantage connue pour ses 101 Dalmatiens dont je ne connais que la version Disney (revu récemment et toujours aussi plaisant pour un dessin animé qui date de 1961). Le château de Cassandra (1948) est écrit à la première personne. Cassandra Mortmain a 17 ans et vit plus ou moins recluse dans un château en ruines avec son père (auteur d’un unique chef d’oeuvre), sa belle-mère Topaz (adepte du naturisme), sa grande sœur Rose (qui aspire à un mariage avec un riche parti), et son petit frère Thomas. La famille a aussi un unique domestique Stephen qui travaille gratuitement pour les beaux yeux de Cassandra. Les Mortmain sont quasiment sans le sou et comptent chaque tranche de pain et tasse de thé. Leur existence devient un peu moins maussade lorsque deux riches américains emménagent dans les environs. Voici une opportunité inespérée pour Rose de mettre le grappin sur un héritier fortuné quand bien même elle n’éprouverait aucun sentiment pour lui.

L’histoire tourne autour des interactions entre les Mortmain et les deux gentlemen américains. Cassandra et sa sœur sont rarement sorties en société et ne savent pas comment les femmes  »modernes » doivent se comporter. Elles ont trop lu de romans de Jane Austen et des sœurs Bronté. Cela provoque quelques moments cocasses. L’aspect « journal intime fictif » se fait bien ressentir sans que ce soit trop niais et enfantin. Cassandra est un personnage fort intéressant: elle est charismatique et a de véritables réflexions sur la vie. J’ai moins aimé sa sœur opportuniste. Si les intrigues amoureuses s’entrelacent bien, l’histoire m’a semblé légèrement trop longue pour aboutir à une fin en queue de poisson (quoique peu conventionnelle). Ce sont quatre-cent soixante seize pages qui se lisent rapidement, mais 100 de moins aurait été mieux ! J’ai aimé assister à l’éveil amoureux des jeunes filles, à leurs questionnements sur le mariage…

Je ne dirai pas que ce roman a pris de l’âge car la plume de l’auteur est mordante et parfois surprenante (au début du roman Rose dit « Cela pourrait vous intéresser de savoir que cela fait un moment que je songe à me vendre. S’il le fallait, je ferais le trottoir » .. oui pourquoi pas x) mais j’ai eu la sensation que l’histoire avançait très doucement, et tout ne m’a pas intéressée : le père ne parvient plus à écrire une seule ligne depuis des années, ses enfants et sa femme essayent de le motiver à reprendre la plume. Ma déception vient du fait que l’intrigue en elle-même n’est pas bien folichonne et pourrait tenir sur un post-it, cependant, la jolie voix de Cassandra rend le récit plus agréable. Mais il manque clairement quelque chose pour que I capture the Castle soit un coup de coeur.

castleI Capture the Castle (Rose et Cassandra en VF) de Tim Fywell. 2003.

A peine ma lecture terminée, je me suis jetée sur le film. L’adaptation (2003) lui est très fidèle. J’ai retrouvé toutes les grandes scènes, tous les dialogues cruciaux de l’histoire. Mais là encore, c’est un peu trop lisse à mon goût. Les acteurs jouent bien (quelques réserves à propos de Romola Grai qui interprète Cassandra) mais à aucun moment, je n’ai été subjuguée au point de vouloir m’exclamer  »quel talent ! ». Pourtant on y retrouve des acteurs plus ou moins célèbres : Romola Garai (Emma, Reviens moi), Henry Thomas (E.T.), Rose Byrne (Damages), Bill Nighy (Love Actually, Good Morning England, Wild Target, Hot Fuzz .. this guy is a genious!)… Le seul personnage à m’avoir fait craquer est Stephen sous les traits d’Henry Cavill *__* Dans l’ensemble, ça manquait de sentiments. De plus dans le livre, j’avais bien aimé les références littéraires (« How I wish I lived in a Jane Austen novel! »), elles sont inexistantes dans le film. L’humour n’est pas au rendez-vous non plus. Pour le coup, le film semble avoir moins bien vieilli que le roman !