« A Fairy ! A Fairy on the sea-road »

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Matilda a très gentiment pensé à moi lors de son séjour à Londres et quand elle a franchi les portes de la petite librairie Persephone Books, elle m’a déniché une édition adorable d’un roman de 1937 ayant pour titre énigmatique Lady Rose and Mrs Memmary. Le mystère s’est mué en émerveillement lorsque j’ai commencé à le lire. Je suis entrée dans ce livre avec le sentiment de découvrir un trésor littéraire méconnu. Son charme désuet est toujours aussi vif, et comme hors du temps. Je me suis laissée envouter.

En 1935, Mrs Dacre et son mari ainsi que leur ami américain, visitent une immense demeure inhabitée près d’Édimbourg, vestige d’une époque victorienne révolue. Mrs Memmary, la vieille dame qui entreprend la visite guidée a connu les anciens propriétaires du domaine. Ils avaient une fille Lady Rose. Une petite créature qui s’émerveillait de tout et qui était surtout passionnée d’Histoire, celle des Rois et des Reines. Sa mère était une dame de compagnie de la Reine Victoria, et elle rêvait de le devenir à son tour.  Ce désir était contrebalancé par son puissant amour pour son pays: l’Ecosse. C’est sur ses Terres, à Keepsfield, qu’elle se sentait pleinement chez elle.

C’est par bribes que son passé nous est raconté. Lady Rose grandit et traverse sa vie d’adulte sous nos yeux. Comme Mrs Dacre qui écoute le récit, j’ai moi aussi été entrainée dans ce lointain passé qui renait à travers la voix de Mrs Memmary. Lady Rose était bien trop impulsive pour une femme de son époque et de sa position (Noblesse oblige). C’est son cœur et son imagination qui guidèrent ses choix.  C’est une héroïne qui force le respect.

J’ai trouvé l’intrigue très charmante, mais également émouvante par bien des aspects. Moi qui rêve d’époques que je n’ai jamais connues, cette histoire m’a beaucoup parlé car Lady Rose est aussi une grande nostalgique du passé. Elle aurait aimé vivre à l’époque de Mary Ier d’Ecosse. Son homme idéal est Bonnie Prince Charlie (coucou Outlander!) dont elle chérit le portrait.  Elle a un esprit romanesque attisé par des lectures qui ne conviennent pas une jeune femme de son temps. « What could any person over thirty know about romance in any case! Tristram and Iseult, the Shakespearian lovers, and those strangely thrilling people of whom she had read secretly not long ago in a forbidden book called ‘Wuthering Heights’-Heathcliff and Catherine Linton… » (p119).

Un petit bijou littéraire dont je souhaite garder de belles citations. Merci Matilda !

« Is it a bad thing » Rose asked breathlessly, battling against the wind that flaked the sand-dunes, « to have imagination ? »

« Good » gasped Aunt Katy, gripping her muff « A good thing. You enjoy everything so much more. It gives you so many worlds to live in; you skip lightly out of one into another. From star to star; comet-like. »

« Then why did you say–« 

« Because you suffer more. Double-edged sword. »

Lady Rose and Mrs Memmary de Ruby Ferguson (1937) Non traduit en français (Lien Goodreads)

Mon préciiiiieux !

Depuis plusieurs années, j’avais une idée fixe en tête: posséder une première édition d’un livre ayant été publié au 19eme siècle.  Si possible d’un auteur que j’apprécie ! Ma devise était un peu « si passé 30 ans, t’as pas un bouquin de l’époque victorienne, considères que tu as raté ta vie » XDD Finalement mon rêve s’est réalisé bien plus tôt que prévu !

Si j’étais riche comme crésus, j’aurais jeté mon dévolu sur une première édition de Notre-Dame de Paris d’Hugo ou bien Une étude en rouge de Conan Doyle (et puis soyons encore plus fou: un livre original de Jane Austen!). Mais je suis tout de même très très satisfaite de celui que je viens d’acquérir !

Maintenant si on me pose la question « si ta maison brûlait, quels livres sauverais-tu en premier lieu? », je n’hésiterais pas longtemps à choisir celui-ci (parmi d’autres) :P

Bref, je vous ai assez fait languir !

Il s’agit de :

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D’accord, il ne s’agit pas d’un des romans les plus connus de Conan Doyle, mais tout de même ! Le papa de Sherlock Holmes aurait pu toucher cet exemplaire de son vivant ! x)

Il a presque 118 ans ! Il est officiellement le livre le plus ancien que j’ai dans ma bibliothèque. Ca fait drôle de se dire que cet ouvrage a 96 ans de plus que moi O__O

Rodney Stone est un roman policier où l’on suit (apparemment) les aventures d’un boxer. Je n’en sais pas beaucoup plus sur l’histoire mais sans doute, essayerai-je de le lire avec mille et une précautions.

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Le livre a été publié en 1896 par l’éditeur anglais Smith, Elder & Co. Ils avaient également édité le Jane Eyre de Charlotte Brontë sous le pseudonyme de « Currer Bell » en 1847. Si j’ai bien compris, Rodney Stone était déjà sorti en feuilleton dans le Strand Magazine en 1896 avant que S., E., & Co. ne l’édite.

Ce qui est amusant, c’est qu’à la fin du livre, il y a le catalogue de la maison d’édition:

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L’oeuvre complète de W.M.Thackeray en 26 volumes.
« This edition contains altogether 1,773 illustrations ».

L’état du livre est encore bon pour son grand âge. Il n’est pas trop abimé et ne sent pas trop le « vieux ». Ca me fait bizarre de me dire qu’une personne de l’ère victorienne a eu dans les mains ce roman. Je me pose pleins de questions sur son ancien propriétaire ! Mon imagination vagabonde quant à son identité, son quotidien, sa famille etc… Je prendrai, à mon tour, grand soin de lui ^^

Voilà, tout ce que j’avais à dire sur ce précieux objet ! Je guetterai les autres ventes aux enchères et je ne désespère pas d’avoir un jour un Wilde ou un Bronté en première édition en ma possession (mais oui, mais oui… :P).

Un intérêt particulier pour les morts + Ripper Street

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de Ann Granger – (2006) – 379 pages

10/18

Livraddict

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Un nouveau duo de détectives aux éditions 10/18 !! Bon, j’avoue que c’est sa superbe couverture ainsi que la mention « Londres, 1864 » qui m’a convaincue de me procurer à tout prix ce livre. Et cette nouveauté de la collection Grands Détectives est un très bon cru !

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Dr Martin vient de décéder, laissant sa fille Elizabeth sans-le-sous. A presque 30 ans, la jeune fille (plus tout à fait jeune pour l’époque) doit se résoudre à demander la charité à la femme de feu son parrain. Elle est alors engagée en tant que dame de compagnie de Mrs Parry. Elizabeth découvre que la demoiselle qui avait ce poste avant elle, a mystérieusement disparu et son corps vient tout juste d’être retrouvé dans une maison démolie. La police vient enquêter et Lizzie reconnaît en l’inspecteur, le petit garçon des rues qu’elle avait croisé 20 ans plus tôt. (et non pas un ‘ami d’enfance’ comme mentionné dans le résumé).

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J’ai passé un moment de lecture savoureux! C’est un tome introductif d’une série qui j’espère sera longue et foisonnante. J’ai déjà lu des intrigues plus mirobolantes mais elle est tout de même bien menée avec des moments forts et l’Angleterre du 19eme est bien reconstituée.

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J’ai aimé les points de vue alternés des deux narrateurs. D’un côté Lizzie qui essaye d’en savoir plus sur la précédente dame de compagnie en questionnant les domestiques et les membres de la famille Parry. Et de l’autre, Ben Ross qui enquête sans relâche sur cette affaire. Ces deux personnages sont sympathiques même s’ils n’ont pas le charisme et la prestance de Charlotte et Thomas Pitt dans la série du même nom d’Anne Perry. Mais je pense que leur relation va évoluer dans les prochains tomes, et j’ai hâte de voir où cela va les mener !

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Quatre tomes sont déjà sortis en Angleterre, et je me languis de leur parution en France !

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Puisque l’histoire se passe également à l’époque victorienne comme le roman d’Ann Granger, je souhaite vous parler brièvement de la série Ripper Street que je viens de découvrir grâce à Alexandra. En 1889, six mois après les atroces meurtres commis par Jack L’éventreur, la police londonienne est toujours sur les dents et chaque nouveau crime dans les coins malfamés de la capitale réveillent les craintes du passé.

Au sein de la division H, on suit le quotidien de l’inspecteur Edmund Reid et de ses 2 acolytes, le sergent Bennett Drake et Homer Jackson.

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Ces trois derniers jours, j’ai regardé cette série pendant plus de 6h (8 épisodes x 1h), il me reste encore deux épisodes à découvrir mais je peux d’ores et déjà dire que Ripper Street me plait énormément ! Le trio d’acteurs y est pour beaucoup: Matthew MacFadyen (Darcy dans Orgueil et préjugés – 2005), Jerome Flynn (Bronn dans Game of thrones. Le personnage que je préfère dans Ripper Street car tellement émouvant !), et enfin Adam Rothenberg que je connais ni d’Eve ni d’Adam mais ça fait du bien de voir de nouvelles têtes aussi ^^

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Ce que j’aime avant tout, c’est l’ambiance victorienne (vous vous en doutez bien) et le tableau sans concession des gens dans les bas-fonds de la ville, et dans les maisons closes. Tout n’est sans doute pas réaliste (plus que Sherlock Holmes de Ritchie en tout cas je pense !), mais après tout, ce n’est pas si grave que cela, car j’ai quand même l’impression d’être transportée au XIXeme siècle. Les intrigues policières, d’un épisode à l’autre, sont très variées, même si certaines sont davantage passionnantes.

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Dans l’ensemble, je suis amplement satisfaite de cette série ! Et je m’en vais découvrir les 2 derniers épisodes ;)

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Drake, mon personnage coup de coeur.

Clockwork Angel

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(The Infernal Devices T1)

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de Cassandra Clare – (2010) – 480 pages

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Livraddict

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Goodreads

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4eme de couverture : Tessa débarque à Londres pour rejoindre son frère. Mais à peine arrivée, elle tombe dans un piège : enlevée par les horribles Soeurs Noires, elle développe des pouvoirs qu’elle ignorait posséder. Jusqu’au jour ou Will, un Chasseur d’Ombres, la libère et lui apprend qu’elle est une Créature Obscure. Un nouveau destin attend Tessa dans un monde mystérieux, ou vampires, sorciers et autres créatures de l’ombre règnent en maîtres… (résumé @PKJ)

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Mon avis : Oh mon dieu !!!!!! J’attendais énormément de ce roman et je n’ai pas le moins du monde été déçue ! Ce livre est déjà sorti en France sous le nom de L’Ange mécanique chez pocket Jeunesse, mais je trouvais les couvertures originales beaucoup plus jolies. J’étais tellement enthousiaste que les presque 500 pages en anglais ne m’ont pas effrayée ^^ Ca m’a pris un certain temps pour en venir à bout, mais ça valait la peine. J’ai ADO-RÉ !

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L’histoire se déroule à une époque qui me tient à cœur : l’époque victorienne du XIXeme siècle. Tessa Gray est contrainte de quitter sa ville natale de New York après le décès de sa chère tante, pour rejoindre son frère Nathaniel dans la capitale londonienne. Arrivée sur place, elle tombe dans un guet-apens. Tessa va être séquestrée par deux sœurs exécrables qui en ont après son don. Après avoir été torturée, la jeune fille comprend ce qui la rend si précieuse aux yeux de ses tortionnaires : elle peut prendre l’apparence de n’importe quelle personne, vivante ou morte, en touchant un objet lui appartenant. Après moult rebondissements, Tessa échappe à un mariage forcé, et est libérée par Will, un chasseur d’ombres («shadowhunters»). Elle est recueillie au sein de l’Institut. Un endroit où vivent d’autres chasseurs qui traquent les créatures obscures de Londres.

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L’intrigue m’a immédiatement plu, je l’ai trouvé originale, et l’univers mis en place par Cassandra Clare est très travaillé. A chaque fois que je reprenais ma lecture, je replongeais avec délectation dans ce monde passionnant. Tessa est un personnage terriblement attachant. Sa manière de réagir quand elle découvre la face obscure du monde, est réaliste. C’est une héroine qui a du cran malgré sa fragile apparence. Les personnages masculins ne sont pas en reste. Deux beaux jeunes hommes avec des personnalités totalement opposées, ont fait vibrer mon coeur XD. Will est ténébreux et arrogant. Toujours de mauvais poil et pince sans rire. Jem est quelqu’un de réservé et de très gentil. On sent le triangle amoureux pointer le bout de son nez, mais l’intrigue amoureuse n’est pas l’enjeu principal de ce premier tome.

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L’auteure revisite l’Angleterre victorienne en y ajoutant des vampires, des automates qui ressemblent trait pour trait à des humains (d’ailleurs réflexion à part ; à un moment donné dans le texte, un des personnages évoque le fait que Leonard de Vinci avait conçu un automate en forme de lion pour François 1er. Cette découverte m’a fascinée x).

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Venons en à un autre point que j’ai apprécié : l’humour ! Je me suis poilée à de nombreuses reprises. Les réparties de Will sont excellentes, et il y a des scènes vraiment cocasses. J’ai vécu de grands moments avec ce livre ! Je suis passée par à peu près toutes les émotions ^^ Ahhh et la fin ! Un cliffhanger des plus réussis auquel je ne m’attendais nullement et j’en veux à mon facteur de ne pas m’avoir encore livré le second tome Clockwork Prince !

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Un roman intense. Un coup de cœur.

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Petite précision: Ce roman est le préquel à La cité des ténèbres (The Mortal Instruments) mais on peut le comprendre sans avoir lu l’autre série.