I’m for you and you are for me: we’re going to stand against this mad, sad world together

dusk

Dusk est une histoire d’amour sur fond de Première Guerre Mondiale. A croire que Mlleaurel m’a contaminée par sa passion pour ces sombres années ;)
En 1914, Sebastian rencontre Helen à Londres. La jeune fille de seize ans s’est enfuie du domicile familial avec sa soeur ainée pour échapper à leur père violent. Elle est désormais apprentie infirmière. Sebastian est étudiant en art. Alors que son frère et son meilleur ami sont partis combattre en France, il n’a pas l’intention de s’engager. Helen et Sebastian, issus de deux milieux totalement différents, vont tomber amoureux. Par un malheureux concours de circonstances, Sebastian va finalement prendre les armes et sa bien aimée, va être envoyée à distance minime du front pour soigner les blessés. Tous les deux sont séparés et dans l’angoisse de ne jamais se revoir. 

J’ai beaucoup aimé la maturité des personnages. Les sentiments de Helen et Sebastian sont exposés simplement, sans aucune mièvrerie. L’histoire d’amour est le fil rouge du roman, mais elle n’étouffe pas l’intrigue. On expérimente la peur de ces infirmières et docteurs qui exercent leur métier tout près du champ de bataille. Helen est confrontée à l’horreur de la guerre et à ses ravages sur le corps de ses jeunes hommes. Pendant ce temps là, Sebastian frôle la mort et voit plusieurs de ses camarades tomber au combat. Les flashbacks apportent une bouffée d’oxygène puisqu’on revient sur les débuts de la relation des deux protagonistes. Ces passages sont comme un arrêt sur image alors que la Grande Guerre bat son plein.

Ce roman a fait vibrer mon petit coeur tout mou ! J’ai été très touchée par le sort de ce couple, si réaliste, prit dans la tourmente. Et puis il y a cette fin.. Un événement que je n’ai pas vu venir. Dusk termine sur un cliffhanger qui donne une furieuse envie de se procurer le second tome (c’est une duologie).

Edit le 16/02: Dawn est également très bon. Il s’est passé à peu près 1 an depuis la fin du premier tome, beaucoup de choses se sont produites entre temps. Les péripéties s’enchainent et le destin des deux amoureux semble de plus en plus compromis. On se fait du soucis pour Helen et Sebastian mais Spoiler/* je me doutais bien que ça ne pouvait terminer que par un Happy-End */. Ca ne pouvait être autrement ! Sur ce point là, l’intrigue est assez prévisible. J’ai vraiment apprécié ma lecture de cette duologie que je verrai bien adaptée au cinéma (mais elle est trop peu connue pour l’être), cependant, j’ai préféré le premier tome avec la mise en place de la romance et la rencontre entre les deux personnages.  

Dusk de Eve Edwards (2013) Non traduit en Français 
Dawn de Eve Edwards (2014)

galavant

Galavant est la série complètement toquée de ce début d’année 2015. Il faut que vous vous imaginiez un Moyen-Age féérique en carton-pâte. Un personnage (Galavant) qui est le parfait stéréotype du héros beau gosse pas très fufute. Des chansons en veux-tu en voilà (et elles ne volent pas bien haut). C’est tout ce mélange de bric et de broc qui fait le charme de cette série ! Qu’est ce que j’ai ri ! J’ai surtout apprécié le fait que Galavant ne se prend jamais au sérieux. Un peu comme le film Robin Hood Men in Tights. Et pourtant l’intrigue tient debout. Les défauts des personnages sont volontairement exacerbés mais on aime cette sacrée bande de mabouls (Le Roi est exquis !). La saison se termine de manière abrupte et j’espère vraiment qu’il y aura une seconde saison sinon je regretterai ce manque de conclusion ! 

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« C’est tout ce vide qui me fait souffrir »

dugain

En 2015, j’ai l’intention de lire davantage de romans ayant pour fond la Première Guerre Mondiale. Et ce livre de Marc Dugain m’a donné une petite claque dans le museau ! J’aime le style de cet auteur que j’avais découvert avec son ouvrage « Avenue des Géants » qui narrait l’histoire du serial-killer Edmund Kemper dans l’Amérique des années 70. La tournure de ses phrases, les mots qu’il emploie, sont percutants.

Adrien F. est mobilisé pendant la WWI comme lieutenant du génie. A peine la guerre commencée qu’il reçoit un éclat d’obus en pleine figure, sans même avoir aperçu ses ennemis, les allemands. Il sera la première gueule cassée hospitalisée au Val-de-Grâce. Pendant toute la durée de la guerre, il subira opérations sur opérations en espérant retrouver son beau visage de jadis. Un long et difficile combat contre la souffrance et le regard des autres qu’il mènera avec ses camarades de chambrée.

Si la Grande Guerre se dessine en arrière plan, c’est avant tout la « reconstruction » de ces hommes meurtris (mais pas que! Des infirmières ont également été défigurées dans l’exercice de leur fonction à cette époque) qui est au coeur de ce roman. Ce n’est pas un récit noir et sans espoir, Adrien et ses amis d’infortune se créent un microcosme pour oublier le passé et ne surtout pas penser au futur au delà des murs de l’hôpital devenu si familier. Ils jouent aux cartes, ils souffrent à l’unisson, ils s’entraident dans les moments de blues. Il y a des passages parfois même caustiques.

Au cours de ma lecture, j’ai été émue et très sensible à certaines phrases: « On renvoie chez eux des types au visage vaguement rafistolé, superposition d’escalopes de veaux couturés (…), et il n’y a que la positon des yeux pour nous convaincre que leurs visages ne sont pas à l’envers ». « Je ne sens aucune amélioration sur le chemin de la déchéance. »

Ce roman m’a également fait connaitre certaines méthodes d’opérations qui devaient être tout bonnement insupportables pour les patients. Le hasard fait bien les choses, car le magazine Télérama auquel je suis abonnée, comportait un article sur Suzanne Noël, une des pionnières de la chirurgie esthétique qui a réparé le visage de nombreux soldats pendant la Première Guerre Mondiale. Voici un extrait de son journal intime qui fait écho au roman de Dugain: 

« 17 février 1916 Pourquoi ce patient-là m’a-t-il marquée plus que les autres ? Les blessés de la face, pourtant, nous les soignons depuis le début de la guerre. Lui nous est arrivé dans la nuit, le bas du visage arraché, comme tant d’autres. Un éclat d’obus, là encore. Il a d’abord fallu nettoyer cet amas de chair retournée, enlever les débris d’os et de dents, mais aussi la terre et les bouts de tissu d’uniforme qui s’y étaient fichés. Nous avons fait d’énormes progrès depuis le début de la guerre avec les « baveux », comme les appellent les filles de salle, qu’il nous faut reprendre systématiquement. Certains, arrivés en 1914 avec le visage déchiqueté, sont repartis chez eux avec une simple cicatrice. Mais, là, il m’a ­fallu du temps pour lui imaginer un visage. Je n’avais rien à quoi me raccrocher. Je voyais dans son regard combien il attendait que je lui rende son identité. Mais je continuais à ­buter sur cet amas de lambeaux. Je crois que le stomatologue, l’anesthésiste, le neurologue, le mouleur venu prendre l’empreinte de son visage pour le musée de l’hôpital étaient aussi perdus que moi. Ça a duré une poignée de secondes interminables avant que l’on recouvre nos esprits. »

La chambre des officiers de Marc Dugain (1998)

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 • Je vous invite à aller lire la chronique de Melleaurel sur ce même ouvrage ;)