Mon préciiiiieux !

Depuis plusieurs années, j’avais une idée fixe en tête: posséder une première édition d’un livre ayant été publié au 19eme siècle.  Si possible d’un auteur que j’apprécie ! Ma devise était un peu « si passé 30 ans, t’as pas un bouquin de l’époque victorienne, considères que tu as raté ta vie » XDD Finalement mon rêve s’est réalisé bien plus tôt que prévu !

Si j’étais riche comme crésus, j’aurais jeté mon dévolu sur une première édition de Notre-Dame de Paris d’Hugo ou bien Une étude en rouge de Conan Doyle (et puis soyons encore plus fou: un livre original de Jane Austen!). Mais je suis tout de même très très satisfaite de celui que je viens d’acquérir !

Maintenant si on me pose la question « si ta maison brûlait, quels livres sauverais-tu en premier lieu? », je n’hésiterais pas longtemps à choisir celui-ci (parmi d’autres) :P

Bref, je vous ai assez fait languir !

Il s’agit de :

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D’accord, il ne s’agit pas d’un des romans les plus connus de Conan Doyle, mais tout de même ! Le papa de Sherlock Holmes aurait pu toucher cet exemplaire de son vivant ! x)

Il a presque 118 ans ! Il est officiellement le livre le plus ancien que j’ai dans ma bibliothèque. Ca fait drôle de se dire que cet ouvrage a 96 ans de plus que moi O__O

Rodney Stone est un roman policier où l’on suit (apparemment) les aventures d’un boxer. Je n’en sais pas beaucoup plus sur l’histoire mais sans doute, essayerai-je de le lire avec mille et une précautions.

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Le livre a été publié en 1896 par l’éditeur anglais Smith, Elder & Co. Ils avaient également édité le Jane Eyre de Charlotte Brontë sous le pseudonyme de « Currer Bell » en 1847. Si j’ai bien compris, Rodney Stone était déjà sorti en feuilleton dans le Strand Magazine en 1896 avant que S., E., & Co. ne l’édite.

Ce qui est amusant, c’est qu’à la fin du livre, il y a le catalogue de la maison d’édition:

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L’oeuvre complète de W.M.Thackeray en 26 volumes.
« This edition contains altogether 1,773 illustrations ».

L’état du livre est encore bon pour son grand âge. Il n’est pas trop abimé et ne sent pas trop le « vieux ». Ca me fait bizarre de me dire qu’une personne de l’ère victorienne a eu dans les mains ce roman. Je me pose pleins de questions sur son ancien propriétaire ! Mon imagination vagabonde quant à son identité, son quotidien, sa famille etc… Je prendrai, à mon tour, grand soin de lui ^^

Voilà, tout ce que j’avais à dire sur ce précieux objet ! Je guetterai les autres ventes aux enchères et je ne désespère pas d’avoir un jour un Wilde ou un Bronté en première édition en ma possession (mais oui, mais oui… :P).

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Histoires de Londres

The Crystal Palace from the northeast from Dickinson's Comprehensive Pictures of the Great Exhibition of 1851

Crystal Palace – 1851

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Histoires de Londres

de Bernard Oudin – (2003) – 382 pages

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Ces dernières semaines, j’ai emprunté pas moins de 7 livres d’histoire dans mes différentes bibliothèques. La particularité de ces 7 ouvrages, c’est qu’ils parlent de la Grande Bretagne ! Quand j’étais en L1 de LLCE d’anglais, la matière qui me passionnait le plus était la civilisation britannique ^^ N’étant plus en fac d’anglais, j’essaye de combler mes lacunes sur ce pays qui me fascine tant :)

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Le livre se découpe en 27 chapitres qui abordent des périodes différentes de l’Histoire de la capitale britannique. Tout au long de ma lecture, j’ai pris des notes sur tout un tas de choses. Cet article ne sera pas une chronique à proprement parlé, mais une  énumération d’informations ayant retenu mon attention.

En vrac:

Queen Boudica by John Opie
Queen Boudica by John Opie

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Boudica ou orthographié Boadicée (Ier siècle après JC) est considérée comme la Vercingétorix britannique. Elle s’est vue confisquer sa part du Royaume à la mort de son mari par l’empereur romain. Elle s’est battue pour protéger son peuple de l’invasion romaine Elle échoua mais la culture populaire ne l’a pas oubliée. Une statue à son effigie est érigée à Londres.

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De 1893 à sa mort, l’écrivain William Sharp a endossé le pseudonyme de Fiona MacLeod – prétendant qu’il s’agissait de sa cousine, pour publier une dizaine d’ouvrages. Surnommée « la sirène celtique », elle rencontre un vif succès avant que la supercherie ne soit révélée en 1905.

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Wat Tyler, paysan puis chef des rebelles lors de la révolte des travailleurs en 1381.

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Le Prince Edouard V et son jeune frère Richard, auraient été assassinés dans la Tour de Londres par leur oncle, Richard III en 1483. La pièce de Shakespeare crédita cette version, mais « Histoires de Londres » met en lumière d’autres théories possibles. Note personnelle, je veux lire sur le sujet : La reine clandestine de Philippa Gregory, La fille du temps de Josephine Tey, Richard III de Shakespeare, The Sunne in Splendour de Sharon Kay.

The Princes in the Tower - Millais (1878)
The Princes in the Tower – Millais (1878)
Les deux princes assassinés.
J’adore les peintures de Millais. Petite info trouvée dans le livre: L’écrivain et critique d’art, John Ruskin, épousa Euphemia Gray mais ne consomma jamais son mariage car il est écœuré par le corps de sa compagne (qui ne ressemble vraisemblablement pas aux représentations féminines dans l’art grec). Neuf ans plus tard, leur union est annulée et Effie épouse le peintre John Everett Millais avec qui elle eut 8 enfants.

La Tour de Londres fut construite en 1066. Dernière exécution en 1941, de Josef Jakobs. Note personnelle : La tour semblerait hantée par de nombreux fantômes dont celui d’Anne Boleyn.

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Controverse autour de la paternité des œuvres de Shakespeare. Thèse selon laquelle derrière ce nom se cacherait Francis Bacon, Roger Manners ou bien d’autres. Note personnelle : Shakespeare n’a pas fait d’études. Son père était illettré ainsi qu’une des filles du dramaturge. Shakespeare aurait lui même eu du mal à orthographier son propre nom.

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Claude Duval, gentleman cambrioleur réputé pacifique et respectueux de la gente féminine. Pendu en 1670.

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Incendie de Londres en 1666. Le feu s’est déclaré dans une boulangerie vers 2 heures du matin. Le maire de la ville, peu inquiet aurait déclaré «Une femme éteindrait ça en pissant dessus ! ». Il eu tort, 13.200 maisons furent incendiées, 87 églises, mais « seulement » 8 morts. En revanche près de 80.000 personnes se retrouvèrent à la rue. A retenir : La cathédrale de St-Paul de Londres est rebâtie en 1710 par Christopher Wren.

1724: Jack Sheppard, celebrity escape artist
1724: Jack Sheppard, celebrity escape artist

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Jack Sheppard (1702-1724) fut un voleur populaire qui parvint à s’évader 4 fois de prison. Autre malfrat, mais moins apprécié de l’opinion publique, Jonathan Wild était le chef de la pègre. Il aida la police à arrêter Sheppard avant d’être lui-même pendu un an plus tard.

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La maison la plus hantée de Londres se trouverait au 50, Berkeley Square (non pas que je veuille y aller :P)

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1863, premier métro à Londres (1900 à Paris).

1840, premier timbre-poste à l’effigie de la Reine Victoria.

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Le meurtre de Mary Jane Kelly en novembre 1888, est le dernier attribué au serial killer Jack The Ripper. J’ignorais qu’il s’attaquait à des prostituées «fanées , alcooliques, vieillies». Des dizaines d’hommes furent soupçonnés mais jamais on ne sut qui était l’Éventreur. Un autre tueur en série, nécrophile, fit sensation quand l’ignominie de ses crimes éclata au grand jour en 1953. Il s’appelait John Christie.

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The first appearance of Holmes, 1887

Sherlock Holmes eut un succès international si bien que des gens pensaient qu’il existait bel et bien. Des centaines et des milliers de lettres ont été envoyées au 221b Baker Street. C’est encore le cas aujourd’hui. Note personnelle : S.Holmes est le personnage de fiction qui a été le plus souvent porté à l’écran. «Ainsi, partis des deux pôles opposés, Sherlock Holmes et Jack L’Eventreur, se retrouvent-ils côte à côte dans notre inconscient collectif, aux frontières du réel et de l’imaginaire. » (Citation B.Oudin)

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Tombé en disgrâce en 1895, Oscar Wilde ne sera plus que l’ombre de lui même jusqu’à sa mort en 1900. Vingt-trois ans après l’affaire, l’actrice Maud Allan est jugée obscène pour son interprétation dans la pièce Salomé de Wilde. Elle porte plainte pour diffamation contre Noël Pemberton Billing qui prétend qu’elle est lesbienne. L’ancien amant de Wilde, Lord Alfred Douglas (!!!) est témoin lors du procès. Note personnelle : «Bosie » est un affreux personnage qui qualifie Wilde de «pire force du mal en Europe au cours des trois derniers siècles» (citation dudit ex-amant)*. Comme Bernard Oudin le dit si bien «Le procès d’Oscar Wilde est ainsi réouvert devant un tribunal londonien, par celui-là même que le poète a aimé et qui, plus que tout autre, a contribué à son malheur. » (p 225). Il fallut encore plusieurs décennies avant que Wilde ne soit réhabilité par l’Angleterre.

Maud Allan - Album Reutlinger
Maud Allan – Album Reutlinger

Histoires de Londres m’a donc permis d’apprendre des tonnes de choses enrichissantes aussi bien sur des personnages illustres qui ont marqué l’Histoire, que sur des fais divers plus sordides. On croise Henri VIII, la Reine Victoria, Virginia Woolf, Les Beatles et tant d’autres J’apprends mieux les faits historiques lorsqu’ils sont accompagnés d’anecdotes et je fus servie avec cet ouvrage ! Malheureusement il n’est plus édité, et c’est bien dommage car j’aurais bien voulu l’avoir dans ma bibliothèque personnelle pour pouvoir le feuilleter à ma guise !

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* Citation complète d’Alfred Douglas à propos de Wilde : « I think he had a diabolical influence on everyone he met.  I think he is the greatest force of evil that has appeared in Europe during the last 350 years.  He was the agent of the devil in every possible way. » Son of a b*** !

Un intérêt particulier pour les morts + Ripper Street

granger Un intérêt particulier pour les morts 

de Ann Granger – (2006) – 379 pages

10/18

Livraddict

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Un nouveau duo de détectives aux éditions 10/18 !! Bon, j’avoue que c’est sa superbe couverture ainsi que la mention « Londres, 1864 » qui m’a convaincue de me procurer à tout prix ce livre. Et cette nouveauté de la collection Grands Détectives est un très bon cru !

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Dr Martin vient de décéder, laissant sa fille Elizabeth sans-le-sous. A presque 30 ans, la jeune fille (plus tout à fait jeune pour l’époque) doit se résoudre à demander la charité à la femme de feu son parrain. Elle est alors engagée en tant que dame de compagnie de Mrs Parry. Elizabeth découvre que la demoiselle qui avait ce poste avant elle, a mystérieusement disparu et son corps vient tout juste d’être retrouvé dans une maison démolie. La police vient enquêter et Lizzie reconnaît en l’inspecteur, le petit garçon des rues qu’elle avait croisé 20 ans plus tôt. (et non pas un ‘ami d’enfance’ comme mentionné dans le résumé).

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J’ai passé un moment de lecture savoureux! C’est un tome introductif d’une série qui j’espère sera longue et foisonnante. J’ai déjà lu des intrigues plus mirobolantes mais elle est tout de même bien menée avec des moments forts et l’Angleterre du 19eme est bien reconstituée.

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J’ai aimé les points de vue alternés des deux narrateurs. D’un côté Lizzie qui essaye d’en savoir plus sur la précédente dame de compagnie en questionnant les domestiques et les membres de la famille Parry. Et de l’autre, Ben Ross qui enquête sans relâche sur cette affaire. Ces deux personnages sont sympathiques même s’ils n’ont pas le charisme et la prestance de Charlotte et Thomas Pitt dans la série du même nom d’Anne Perry. Mais je pense que leur relation va évoluer dans les prochains tomes, et j’ai hâte de voir où cela va les mener !

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Quatre tomes sont déjà sortis en Angleterre, et je me languis de leur parution en France !

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Puisque l’histoire se passe également à l’époque victorienne comme le roman d’Ann Granger, je souhaite vous parler brièvement de la série Ripper Street que je viens de découvrir grâce à Alexandra. En 1889, six mois après les atroces meurtres commis par Jack L’éventreur, la police londonienne est toujours sur les dents et chaque nouveau crime dans les coins malfamés de la capitale réveillent les craintes du passé.

Au sein de la division H, on suit le quotidien de l’inspecteur Edmund Reid et de ses 2 acolytes, le sergent Bennett Drake et Homer Jackson.

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Ces trois derniers jours, j’ai regardé cette série pendant plus de 6h (8 épisodes x 1h), il me reste encore deux épisodes à découvrir mais je peux d’ores et déjà dire que Ripper Street me plait énormément ! Le trio d’acteurs y est pour beaucoup: Matthew MacFadyen (Darcy dans Orgueil et préjugés – 2005), Jerome Flynn (Bronn dans Game of thrones. Le personnage que je préfère dans Ripper Street car tellement émouvant !), et enfin Adam Rothenberg que je connais ni d’Eve ni d’Adam mais ça fait du bien de voir de nouvelles têtes aussi ^^

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Ce que j’aime avant tout, c’est l’ambiance victorienne (vous vous en doutez bien) et le tableau sans concession des gens dans les bas-fonds de la ville, et dans les maisons closes. Tout n’est sans doute pas réaliste (plus que Sherlock Holmes de Ritchie en tout cas je pense !), mais après tout, ce n’est pas si grave que cela, car j’ai quand même l’impression d’être transportée au XIXeme siècle. Les intrigues policières, d’un épisode à l’autre, sont très variées, même si certaines sont davantage passionnantes.

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Dans l’ensemble, je suis amplement satisfaite de cette série ! Et je m’en vais découvrir les 2 derniers épisodes ;)

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Drake, mon personnage coup de coeur.

Clockwork Angel

clockworkbig Clockwork Angel

(The Infernal Devices T1)

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de Cassandra Clare – (2010) – 480 pages

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Livraddict

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Goodreads

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4eme de couverture : Tessa débarque à Londres pour rejoindre son frère. Mais à peine arrivée, elle tombe dans un piège : enlevée par les horribles Soeurs Noires, elle développe des pouvoirs qu’elle ignorait posséder. Jusqu’au jour ou Will, un Chasseur d’Ombres, la libère et lui apprend qu’elle est une Créature Obscure. Un nouveau destin attend Tessa dans un monde mystérieux, ou vampires, sorciers et autres créatures de l’ombre règnent en maîtres… (résumé @PKJ)

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Mon avis : Oh mon dieu !!!!!! J’attendais énormément de ce roman et je n’ai pas le moins du monde été déçue ! Ce livre est déjà sorti en France sous le nom de L’Ange mécanique chez pocket Jeunesse, mais je trouvais les couvertures originales beaucoup plus jolies. J’étais tellement enthousiaste que les presque 500 pages en anglais ne m’ont pas effrayée ^^ Ca m’a pris un certain temps pour en venir à bout, mais ça valait la peine. J’ai ADO-RÉ !

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L’histoire se déroule à une époque qui me tient à cœur : l’époque victorienne du XIXeme siècle. Tessa Gray est contrainte de quitter sa ville natale de New York après le décès de sa chère tante, pour rejoindre son frère Nathaniel dans la capitale londonienne. Arrivée sur place, elle tombe dans un guet-apens. Tessa va être séquestrée par deux sœurs exécrables qui en ont après son don. Après avoir été torturée, la jeune fille comprend ce qui la rend si précieuse aux yeux de ses tortionnaires : elle peut prendre l’apparence de n’importe quelle personne, vivante ou morte, en touchant un objet lui appartenant. Après moult rebondissements, Tessa échappe à un mariage forcé, et est libérée par Will, un chasseur d’ombres («shadowhunters»). Elle est recueillie au sein de l’Institut. Un endroit où vivent d’autres chasseurs qui traquent les créatures obscures de Londres.

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L’intrigue m’a immédiatement plu, je l’ai trouvé originale, et l’univers mis en place par Cassandra Clare est très travaillé. A chaque fois que je reprenais ma lecture, je replongeais avec délectation dans ce monde passionnant. Tessa est un personnage terriblement attachant. Sa manière de réagir quand elle découvre la face obscure du monde, est réaliste. C’est une héroine qui a du cran malgré sa fragile apparence. Les personnages masculins ne sont pas en reste. Deux beaux jeunes hommes avec des personnalités totalement opposées, ont fait vibrer mon coeur XD. Will est ténébreux et arrogant. Toujours de mauvais poil et pince sans rire. Jem est quelqu’un de réservé et de très gentil. On sent le triangle amoureux pointer le bout de son nez, mais l’intrigue amoureuse n’est pas l’enjeu principal de ce premier tome.

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L’auteure revisite l’Angleterre victorienne en y ajoutant des vampires, des automates qui ressemblent trait pour trait à des humains (d’ailleurs réflexion à part ; à un moment donné dans le texte, un des personnages évoque le fait que Leonard de Vinci avait conçu un automate en forme de lion pour François 1er. Cette découverte m’a fascinée x).

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Venons en à un autre point que j’ai apprécié : l’humour ! Je me suis poilée à de nombreuses reprises. Les réparties de Will sont excellentes, et il y a des scènes vraiment cocasses. J’ai vécu de grands moments avec ce livre ! Je suis passée par à peu près toutes les émotions ^^ Ahhh et la fin ! Un cliffhanger des plus réussis auquel je ne m’attendais nullement et j’en veux à mon facteur de ne pas m’avoir encore livré le second tome Clockwork Prince !

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Un roman intense. Un coup de cœur.

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Petite précision: Ce roman est le préquel à La cité des ténèbres (The Mortal Instruments) mais on peut le comprendre sans avoir lu l’autre série.